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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 15:19

 

9782352042426FSC'est le titre d'un livre paru le 5 avril 2013 aux éditions Les arènes  et rassemblant un appel de 23 experts internationaux à propos des menaces que l'élevage industriel fait courir à la planète. L'ouvrage contient également une postface de Fabrice Nicolino, auteur de "Bidoche". Mais surtout, il est vendu avec un DVD du documentaire portant le même titre : La vérité sur la viande (73 mn).


Il s'agit d'un document remarquable réalisé par Gertjan Zwanikken, en v.o. sous-titrée en français par l'Association Végétarienne de Montréal. Le reportage est présenté par Marianne Thieme, députée du Parti pour les Animaux  aux Pays-Bas, "premier parti au monde à défendre les droits des non-humains dans un parlement national".


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Varié et captivant, ce documentaire s'articule autour d'un important rapport de la FAO (organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) paru en 2006 et reliant l'élevage au changement climatique.


Les moments forts du film :

  • L'interview du Dr Henning Steinfeld, expert auprès de la FAO et principal auteur du rapport.
  • L'entretien avec Howard Lyman, ancien éleveur américain (il a eu jusqu'à 7000 têtes de bétail) désormais repenti, devenu végétarien et militant contre l'élevage industriel.
  • Des extraits de Meatrix, film d'animation sur l'élevage industriel en Amérique. Un petit bijou !


Le succès international de ce film (produit à l'origine en néerlandais en 2007) a été tel qu'il a dû en être réalisé une version anglaise, sous-titrée en treize langues (dont le chinois et le hindi) et distribué dans quinze pays.

 

Ce documentaire met en cause le film "Une vérité qui dérange" d'Al Gore, lequel ne mentionne nullement l'impact désastreux de l'élevage sur l'environnement alors que, d'après le rapport de la FAO, 18% des émissions de gaz à effet de serre sont causées par l'élevage des animaux de ferme, contre 13% seulement pour le secteur des transports. Le film d'Al Gore focalise en effet sur le CO2, alors que le dioxyde de carbone ne représente que 1/3 des émissions de gaz à effet de serre. Une vache laitière produisant en moyenne 500 à 700 litres de méthane par jour, soit l'équivalent en CO2 d'un gros 4x4 parcourant 56 km/jour. Rejeté par les ruminants lors de leur régurgitation, le méthane est 21 fois plus polluant que le CO2 en terme de réchauffement climatique.

 

Précisons que, d'après l'agence météorologique de l'ONU (OMM), l'année 2012 a été l'une des dix années les plus chaudes jamais observées, avec une fonte record de la banquise arctique et de la calotte du Groenland. Cela constitue "un signe inquiétant du changement climatique".

 

mariannethiemegroot webMarianne Thieme est donc allée aux États-Unis à la rencontre d'Al Gore, qui était "malheureusement occupé"... Difficile pour lui d'affronter une écologiste prenant ouvertement la défense des animaux, surtout quand on apprend au passage qu'Al Gore élève lui-même du bétail !

Précisons que Marianne Thieme est une personnalité très populaire aux Pays-Bas et qu'elle a une action efficace pour faire évoluer les consciences.


Questionné sur l'avenir de la planète si nous ne changeons pas nos habitudes alimentaires, le Dr Steinfeld, expert de la FAO, répond :

" Dans ce cas, l'environnement va se détériorer de façon incommensurable.(...) Ce qu'il manque, c'est la volonté politique d'agir et de diriger le secteur du bétail vers des pratiques plus viables ". Pour les années à venir, le Dr Steinfeld prédit "un lent déclin de la consommation de viande".


Effectivement, la consommation de viande est en régression dans la plupart des pays développés. En France, Fabrice Nicolino note qu'elle a atteint un sommet en 1999 à 111 kg de viande par an et par habitant, pour retomber aujourd'hui aux alentours de 90 kg. C'est encore beaucoup trop, alors que les chinois aspirent à un meilleur niveau de vie et doublent leur population de porcs et de poulets tous les dix ans ; avec les conséquences que l'on connaît, notamment au niveau de la pollution de l'eau et des risques de pandémie de grippe aviaire.

 

Pour donner une idée de l'impact de nos habitudes alimentaires sur le climat, il faut savoir que, "si tous les américains devenaient végétariens, cela équivaudrait, en terme d'économie de gaz à effet de serre, à retirer toutes les voitures des routes américaines".

 

Commençons déjà par ne plus manger de viande le jeudi. De fil en aiguille, nous éviterons l'irréparable.

Et surtout, faisons connaître ce film, car, comme l'affirme le Dr Steinfeld, " l'énorme impact environnemental relié au bétail n'est pas bien compris par le public (...) ni par les fermiers eux-mêmes ".


 

Il est possible de visionner le film "La vérité sur la viande" en version française sans acheter le livre accompagné de son DVD (22,80 €). Il suffit pour cela d'aller sur le site www.meatthetruth.com



 


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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 18:20

 

L'Union Végétarienne de France a longtemps diffusé une brochure très complaisante vis-à-vis du soja. Et pour cause, la dite brochure était publiée par "Nutrition & soja", une émanation des industriels de la filière. Le dit document est actuellement épuisé et ce n'est pas plus mal comme ça !

D'un autre côté, des auteurs comme Kaayla T. Daniel diabolisent le soja. (Son livre Soja, ami ou ennemi de notre santé, qui avait fait l'objet d'une souscription début 2012, n'est toujours pas sorti en mars 2013).

Qui croire ?


Nous avons du reste déjà abordé ce sujet dans notre e-book Être végétarien, le bon choix ? ( Livre téléchargeable) sous le titre "Le soja est-il toxique ?" pages 158 à 164.


Il peut être tentant pour un végétalien de faire une consommation importante de soja, souvent considéré comme le substitut par excellence des protéines animales. Certes, le soja est réputé pour sa teneur exceptionnelle en protéines (35 à 40 %). Et quoi de plus pratique que cet aliment, maintenant disponible sous de nombreuses formes dans les magasins spécialisés. Sauf que, pour un athlète de haut niveau, un aliment riche en phyto-œstrogènes (les iso-flavones) s'avère contre-productif. Les sportifs qui ont recours au dopage recherchent plutôt des hormones mâles comme la testostérone ! On en a eu la preuve dans l'actualité ces derniers jours avec un célèbre coureur cycliste.

Dans le pire des cas un abus de soja pourrait provoquer un développement mammaire pas forcémment bienvenu chez un homme. L'abus de bière riche en houblon - autre plante œstrogène-like - peut produire cet effet.  D'autre part, le soja est un aliment potentiellement allergisant et les personnes intolérantes aux œufs ne le supportent pas en général.

 

En somme, le soja est plus à réserver à la femme ménopausée qu'au sportif, surtout s'il constitue une part importante de la ration alimentaire.


N'oublions pas, d'autre part, quelques sources essentielles de protéines pour le végétarien comme pour le végétalien :

  • Les légumes secs traditionnels : lentilles (25 % de protéines), haricots (20 %), pois cassés (22 %), pois chiches (20 %), fèves (23 %) et lupin (44 %). Ils doivent cependant être consommés modéremment - surtout chez les tempéraments VATA - sous peine de ballonnements
  • Les graines oléagineuses, également riches en protéines : noisette (16 %), amande (25 %), noix (14 %), noix de cajou (20 %), pistache (25 %), pignon de pin (16 %), arachide (26 %), graines de tournesol (20 %), de sésame (17 %) et de courge (25 %). La seule réserve sur ces trois dernières (tournesol, sésame et courge) étant leur absence d'omega 3, les oméga 6 très présents pouvant accentuer les problèmes de peau et autres maladies inflammatoires. Au contraire, la noix a une bonne teneur en oméga 3, dont nous sommes presque tous déficitaires et un rapport Ω6/Ω3 harmonieux de 4.
  • Certaines céréales comme l'épeautre (16 %), le kamut (17 %) et le quinoa (14 %), ce dernier étant dépourvu de gluten potentiellement allergisant.
  • Et n'oublions pas l'ortie fraîche avec 5,5 % de protéine (soit 35 % sur la matière sèche), plus que dans n'importe quel légume. 


Cependant, il ne faudrait pas faire une fixation sur les protéines.

Leur consommation en excès est cause d'un encrassement de l'organisme (foie et reins en particulier) et de dépôts d'acide urique au niveau des articulations, sources de rhumatismes. On sait aussi que, tout comme le sucre, les protéines favorisent la croissance des cellules cancéreuses...  

Elles constituent principalement un aliment des muscles, surtout utile en période de croissance, chez les travailleurs de force et chez les sportifs. Et on connaît l'importance accordée par les athlètes à leur ration quotidienne de protéines. Le mythe du végétarien carencé en protéines viendrait d'une idéologie qui valorise la compétition ; cette dernière n'étant qu'une manière d'apprendre aux individus à se marcher les uns sur les autres. Les "mangeurs de soja" seraient alors perçus comme des femmelettes, des idéalistes. Mais pourrons-nous bâtir un monde meilleur en essayant toujours d'écraser l'autre ?

 

 

P.S. Curieusement, le magazine "Principes de Santé" de janvier 2013, qui vient de paraître, aborde le thème des phyto-hormones et du soja en particulier (page 14) sous la plume du Dr Éric Menat. Je le cite :

 

Le cas particulier du soja

 

"J'ai l'habitude de dire que le soja n'est ni un bon ni un mauvais aliment. Mais le soja est aussi connu pour sa teneur en phyto-oestrogènes. Pourtant, les études montrent que les femmes qui consomment du soja avant la ménopause ne font pas plus de cancer. En effet, les hormones comme les oestrogènes ont un effet sur le sein grâce à leur fixation sur un récepteur hormonal situé à la surface des cellules mammaires. Les phyto-oestrogènes se fixent sur le même récepteur, mais ont un effet hormonal 10 000 fois moins puissant que les hormones chimiques. C'est pour cela que vous pouvez consommer un peu de soja. Certains spécialistes affirment même qu'avant la ménopause, la consommation régulière de soja pourrait réduire le risque de cancer, mais les preuves ne sont pas suffisantes pour le conseiller sans réserve. Après la ménopause, le soja reste neutre, voire protecteur, uniquement pour les femmes en sur-poids. Pour les femmes minces, il pourrait augmenter le risque de cancer".

 

 

Sur le même sujet, voir l'article publié dans la Newsletter de Jeudi-Veggie Toute la vérité sur les "phyto-oestrogènes" :

 

http://www.jeudi-veggie.fr/toute-la-verite-sur-les-phyto-oestrogenes.html?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=Ptit_V%C3%A9g_n%C2%B0_152

 


 

 

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 20:15

 

Nombre de végétariens amis des animaux, ainsi que de juifs et de musulmans seront surpris de savoir qu'ils mangent du porc sans le savoir. Fabriquée à partir de déchets d'équarrissage - principalement de couenne de porc - la gélatine animale est largement utilisée dans les industries agro-alimentaire et pharmaceutique, dans la restauration collective, la pâtisserie et la confiserie.

Cette dernière catégorie utilise des quantités importantes de gélatine, qui constitue l'un des principaux ingrédients des "fraises Tagada", "Marshmallows" et autres "Stroumpfs" de Haribo, des "Carambar aux fruits" et Kréma  "Régal'ad". On trouve encore de la gélatine de porc dans les desserts "Le Viennois" de Nestlé (parfums café, vanille/caramel et chocolat) et dans les mousses au chocolat et "MarronSui's" de La Laitière. Curieusement, la mousse aux fruits de la passion   en contient, alors qu'il n'y en a pas dans la mousse au chocolat & framboises de la même marque qui "convient aux végétariens". Bien entendu, on trouvera également de la gélatine dans la gelée au Madère de Maggi,  le pâté de tête et les oeufs en gelée de fabrication artisanale ou industrielle.

Afin d'en améliorer la tenue, la gélatine est aussi incorporée dans les charlottes, bavarois, tartes au citron ou éclairs au chocolat, tandis que les crèmes desserts et "Danettes" utilisent plutôt de l'agar-agar comme épaississant. Et cette liste est loin d'être exhaustive.

 

Mais il existe un autre obstacle, plus difficile à surmonter pour la personne qui refuse d'absorber du porc. En effet, les gélules de médicaments sont presque toutes fabriquées à base de gélatine de porc. Quelques rares laboratoires utilisent des gélules en cellulose végétale plus coûteuse. Souvent, la nature des gélules n'est même pas précisée sur l'emballage. Ainsi, prendre un médicament peut se transformer en parcours du combattant.

 

Outre les souffrances terribles causées aux porcs et bovins au cours de leur élevage et de leur abattage, la gélatine est extraite par un procédé violent : en faisant macérer la peau et les os des animaux durant 48 heures dans un bain d'acide chlorhydrique, puis en hydrolysant l'osséine ainsi obtenue. Des essais sont en cours pour obtenir de la gélatine à partir de volailles et de poisson, ce qui ne résoud pas le problème des végétariens.

 

 

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 14:44

 

Sous la plume de Chloé Hecketsweiler, le site Wikistrike vient de publier un excellent article sur la situation inextricable de l'élevage industriel français intitulé :"Les animaux d'élevage français gavés de soja OGM importé".

En effet, nos élevages de volailles, de porcs et de vaches laitières dépendent entièrement de nos importations de soja OGM du Brésil et d'Argentine. La hausse de 50% en un an du cours mondial du soja met les éleveurs dans une situation périlleuse. Au Royaume-Uni, de nombreux exploitants de porcs sont dores et déjà en faillite et brandissent le spectre d'une pénurie de bacon pour solliciter une aide du gouvernement. En France, la situation n'est guère meilleure, notamment chez les producteurs de volaille avec le dépôt de bilan de DOUX, le géant du secteur. Et l'on vient d'apprendre tout récemment les difficultés de CANDIA, premier producteur français de lait.

 

Il est certain que les intempéries - comme la sécheresse de l'été 2012 aux États-Unis - provoquent une grande volatilité des cours des matières premières agricoles, déstabilisant un système productiviste déjà fragilisé par la mondialisation. Les coûts de production augmentent, tandis que les centrales d'achat de la grande distribution maintiennent la pression sur les prix en prétendant défendre le consommateur. Pendant ce temps, la demande de viande stagne, sauf dans certains pays émergents comme l'Inde et la Chine.

 

La récente divulgation de l'étude du professeur Séralini sur les effets dévastateurs du maïs OGM chez le rat n'est pas faite pour apaiser la méfiance des consommateurs, jusqu'alors endormie par l'omerta imposée par Monsanto et Cie dans les médias. Car il ne faut pas se faire d'illusion. Bien que la culture des OGM soit officiellement interdite en France, les importations sont massives et les français mangent quotidiennement des OGM sans le savoir en consommant de la viande, du lait et des oeufs. Seuls les consommateurs de produits bio échappent à cette menace. On peut raisonnablement présumer un lien entre la forte augmentation des cancers parmi la population française ces dernières années et l'introduction des OGM dans l'alimentation animale, associée à un usage intensif des pesticides et herbicides comme le Roundup. De quoi songer à devenir végétarien, voire végétalien !

 

Cependant, il existe des aliments substitutifs au soja pour les animaux d'élevage, tels que le lupin (dont il existe de nouvelles variétés dépourvues de toxicité), la féverole, le pois fourrager et la luzerne, ou encore des oléagineux tels que le tournesol et le colza. Leur culture est du reste adaptée à notre climat, contrairement au soja qui ne peut être cultivé que dans l'Europe du sud. Les gouvernements français et européen seraient bien inspirés d'en favoriser la culture afin de permettre un sevrage en douceur de nos importations de soja de plus en plus coûteuses. Seuls les élevages traditionnels de bovins nourris à l'herbe - comme le boeuf limousin - échappent à ce système mondialiste, mais la viande de qualité supérieure produite dans ce cas est réservée à des boucheries de quartier et ne représente que 2% de la production totale.

 

Malgré les intenses campagnes publicitaires du lobby de la viande, le consommateur français commence à se détourner des produits carnés. Il faut dire que les études s'enchaînent, démontrant la nocivité de la viande, non seulement des produits transformés comme la charcuterie, mais aussi de la viande rouge. Certes, le végétarisme reste encore marginal en France, mais on note une nette désaffection à l'égard de la viande chez une part croissante de la population, principalement parmi les jeunes citadins.

Gandhi pensait que l'on ne saurait durablement devenir végétarien pour des raisons de santé. D'un autre côté, tout porte à penser que le système d'élevage industriel a atteint ses limites. Les motifs qui poussent à abandonner la viande sont aujourd'hui multiples. Les interdits religieux s'effacent devant les préoccupations de santé, mais aussi le désir de préserver l'environnement et le respect de la vie animale. Et ce dernier motif n'est pas le moindre.

 

Comme l'écrit la philosophe Elisabeth de Fontenay : "Il est urgent que nous passions un nouveau contrat avec l'animal domestique. Non pas revenir en arrière, mais repenser nos rapports aux bêtes et de tout faire pour démanteler ces industries de la honte. Cela n'est certes pas évident, puisque c'est tout un pan de l'alimentation planétaire qui est concerné. À défaut de devenir végétarien - ce qui serait l'idéal -, apprendre à manger beaucoup moins de viande serait déjà un progrès". 


 

 

Lien vers les articles de Wikistrike :

Les animaux d'élevage français gavés de soja OGM importé

OGM : la guerre secrète pour décrédibiliser l'étude Séralini

 

A lire aussi sur Slate.fr : 

OGM, la contre-attaque : 140 scientifiques défendent Séralini

 

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 07:57

 

On peut estimer avec raison que la corrida est une pratique perverse, voire même sadique. Mais le Conseil Constitutionnel n'a pas vocation à juger d'une coutume sur le plan moral. Un peu comme la Cour de Cassation qui juge sur la forme, le Conseil Constitutionnel n'a fait que statuer sur la légalité de la corrida. Du coup, son approbation est perçue par les partisans de la corrida comme un encouragement. Les militants anti-corrida sont consternés.

 

Certes, nous sommes à une époque de grand chambardement, mais les consciences évoluent moins vite que les faits. Les hommes sont de plus en plus nombreux à reconnaître l'animal comme un être capable de souffrir en silence, de ressentir des émotions et de communiquer par un langage qui nous échappe. Mais seule une minorité accepte de reconnaître cet état de fait.

D'un autre côté, en persistant dans leur erreur, les partisans de la corrida se jugent eux-mêmes. En se réjouissant de voir des taureaux torturés, en ne faisant preuve d'aucune compassion, ils se ménagent un mauvais karma et pourraient subir tôt ou tard un traitement similaire.

Il faut reconnaître que notre société baigne dans une violence savamment orchestrée par nos médias. Et cela nous emmène vers un point d'horreur absolue. Il ne fait aucun doute que l'humanité finira par réagir. Mais il n'y aura pas de fraternité universelle sans paix avec l'animal. Les partisans de coutumes sadiques seront balayés par l'histoire. C'est à chacun de choisir son camp, en suivant la voie de sa conscience ou celle de l'intérêt matériel immédiat.

 


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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 15:11

 

Sous la plume de Denise Winterman, le BBC News Magazine vient de consacrer récemment un article sur nos habitudes alimentaires dans 20 ans. S'appuyant sur les travaux des futurologues, l'auteur prévoit un bouleversement complet de nos habitudes alimentaires. Il s'attend en effet pour le Royaume Uni à un doublement du prix de la viande, faisant de celle-ci une denrée de luxe réservée à quelques privilégiés, comme c'était le cas avant la révolution industrielle.


D'après l'article, les protéines animales seraient alors fournies par les insectes, dont la chair serait transformée en saucisses ou hamburgers !


Selon BBC News Magazine, les algues pourraient alors fournir la base de l'alimentation humaine et suppléer aux ruptures d'approvisionnement à venir. Elles constituent par ailleurs une possible source de biocarburants. Dans l'industrie agro-alimentaire, certains pensent même que les algues pourraient constituer dans les années à venir la plus grosse activité du secteur.

Notons que la Bretagne semble ici sur la bonne voie, ayant déjà développé la culture des algues comestibles sur ses côtes septentrionales, et même acclimaté quelques variétés japonaises.

Selon la BBC, les algues possèdent en outre l'immense intérêt d'avoir une croissance ultra-rapide ; cela pourrait présenter un avantage capital en période de crise alimentaire. Le sel, dont nous faisons si grand usage, pourrait même être remplacé par des granulés d'algues riches en couleur et en oligo-éléments, ce qui constituerait un complément alimentaire intéressant.

Il faut savoir que, sur près de 20 000 espèces d'algues présentes dans le monde, seules quelques dizaines sont utilisées pour l'alimentation humaine. On en trouve environ 800 sur les côtes françaises, dont la majorité sont comestibles. Cependant, seules douze d'entre elles sont autorisées en France pour l'usage alimentaire, parmi lesquelles la Dulse, la Laitue de mer, le Haricot de mer et le Wakamé.

Précisons que les algues qui envahissent le littoral breton sont en réalité comestibles (Laitue de mer). C'est leur décomposition en masse qui produit de l'hydrogène sulfuré à l'origine du décès de nombreux sangliers ces dernières années. Par une meilleure maîtrise des apports d'azote, l'agriculture biologique est du reste moins génératrice de marées d'algues vertes que l'agriculture intensive.

Cependant, les algues présentent de nombreux intérêts. Elles sont riches en protéines (Nori, Dulse  et Wakamé  surtout), leurs glucides ont un effet salutaire sur les pathologies intestinales en recrudescence, et surtout elles constituent une mine de minéraux et d'oligo-éléments : Calcium (Wakamé, Kombu  et Haricot de mer  principalement), Fer (Haricot de mer  et Dulse  surtout), Magnésium et Iode (toutes). La Dulse  est en outre riche en vitamine C et le Kombu  accélère la cuisson des légumineuses, les rendant aussi plus savoureuses et plus digestes. Son acide glutamique possède par ailleurs un effet coupe-faim qui pourrait être utilisé dans les régimes amaigrissants. 

 

Un nouveau phénomène pourrait inciter les consommateurs à délaisser la viande. Le très sérieux Journal of General Internal Medicine  vient de révéler que, dans le sud-est des États-Unis, de nombreuses personnes atteintes de piqûres de tiques ont développé une sévère allergie à la viande. Celle-ci se présente sous la forme du "syndrome d'anaphylaxie retardée", une forte poussée d'urticaire associée à d'autres violentes réactions allergiques (potentiellement létales) 3 à 6 heures après avoir consommé de la viande.

De quoi vous passer définitivement l'envie de hamburgers !

 

 

Sources :

  http://www.bbc.co.uk/news/magazine-18813075

 

 http://www.wikistrike.com/article-des-piqures-de-tiques-pourraient-rendre-allergique-a-la-viande-108666936.html

 



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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 10:03

Mis à jour le 27/5/2015

 

Dans sa récente Newsletter, un naturopathe supposé expérimenté recommandait l'usage de l'huile essentielle d'Origan (Origanum compactum). Certes, c'est un produit exceptionnel. C'est même l'HE possédant le pouvoir bactéricide le plus puissant de la flore occidentale. Mais c'est aussi une substance délicate à manier, car contenant une forte proportion de carvacrol, un phénol particulièrement toxique pour le foie, corrosif pour la peau et les yeux. Autrement dit, ce genre de produit devrait être réservé à l'usage hospitalier et aux personnes expérimentées en matière d'aromathérapie. D'autant plus qu'il existe d'autres huiles essentielles moins dangereuses à manipuler et plus appropriées pour le grand public comme le Tea Tree, ou le Niaouli et le Saro qui sont d'excellents antiviraux. Recommander l'usage de l'HE d'Origan à des débutants, c'est comme conseiller à une jeune ménagère de détartrer sa cuvette WC avec de l'acide chlorhydrique ou à quelqu'un qui vient d'avoir son permis de rouler en Ferrari. C'est l'accident assuré ! Il en va de même avec d'autres HE riches en thymol, carvacrol et eugénol, comme les HE de Cannelle (surtout celle de Chine), Thym CT thymol, Sarriette et Girofle. Ces produits sont formellement déconseillés aux personnes souffrant d'insuffisance hépatique et une seule goutte suffit à tuer un chat.

 

Prudence aussi avec les huiles essentielles riches en cétones neurotoxiques, comme l'hélichryse italienne, le Romarin CT verbénone ou camphré et même la Menthe poivrée. Cette dernière est du reste très toxique pour les bébés et les enfants en bas âge.

Le problème avec les cétones (thuyone, menthone, verbénone etc), c'est que leur toxicité s'accumule dans le système nerveux au fur et à mesure des applications. L'absinthe d'autrefois - qui rendait les consommateurs fous - en est un exemple. Si la liqueur d'absinthe est à nouveau autorisée, c'est que les variétés de plantes employées ne sont pas toxiques. Les HE à cétones ne doivent jamais être utilisées chez les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants, les personnes épileptiques, ni en usage prolongé. Du reste, les plus dangereuses (thuya, absinthe et sauge officinale) ne sont vendues qu'en pharmacie sur prescription médicale.

 

On rencontre également un grand nombre de produits cosmétiques (eaux de toilette notamment) contenant des essences d'agrumes qui ne doivent pas être appliquées sur les parties de la peau exposées au soleil, sous peine d'effet photosensibilisant. Généralement passagère, cette réaction peut s'avérer très disgracieuse sur le visage. Mais aucun avertissement n'est mentionné sur le flacon.

 

Les huiles essentielles ne doivent du reste jamais être appliquées près de l'œil - même diluées - en cas de sinusite ou d'acné par exemple. Si une goutte venait à couler dans l'œil, la douleur serait insupportable. Si cela venait cependant à se produire, il faudrait immédiatement rincer l'œil avec de l'huile de table ou un coton démaquillant imprégné d'huile en insistant longuement. Les HE ne sont en effet pas solubles dans l'eau, mais seulemenent dans l'huile, l'alcool ou le miel.

Dans une moindre mesure, il en va de même en ce qui concerne l'intérieur du nez et de l'oreille, ainsi que les muqueuses génitale et anale. Les HE irritantes ne doivent pas être utilisées sur ces zones, même diluées.

La Lavande, le Tea-Tree et le Palmarosa sont parmi les rares HE que l'on peut appliquer pures sur la peau (mais pas sur les muqueuses). Pour les autres, il est recommandé de faire un test avec une goutte à l'intérieur du coude. Par exemple, on peut ne pas supporter l'HE de Citronnelle en application contre les moustiques. Et même l'HE d'Eucalyptus globulus, pourtant très répandue, est dangereuse pour le bébé.

Par ailleurs, l'aromathérapie est incompatible avec l'homéopathie.

 

Quant'à la cuisine aux huiles essentielles ( ! ), elle devrait se limiter à des HE relativement inoffensives comme celles de Basilic exotique, Estragon, Fenouil, Cumin, Coriandre, Gingembre, Poivre, Citron, Orange, Mandarine et Lavande vraie. Cependant, sur le principe, les huiles essentielles sont des concentrés de plantes aromatiques qui relèvent de la thérapeutique, de l'équilibre émotionnel, voire de l'élévation de l'âme, et la cuisine est un domaine un peu trop profane pour y être associé sans risque de dérapage.

 

Autre problème, du fait de leur prix exorbitant du à leur faible rendement, certaines HE onéreuses sont souvent falsifiées avec des HE moins coûteuses ou même avec des parfums chimiques de synthèse. C'est le cas notamment des HE de Rose et de Mélisse officinale. Le parfum est alors beaucoup moins subtil et délicat, mais seul un nez exercé saura faire la différence. Il va sans dire que, si l'on utilise de tels produits frelatés, non seulement on n'en retirera pas les bienfaits escomptés, mais cela pourra même provoquer quelques désagréments du genre allergie.

 

Et si vous avez un chat à la maison, il faudra être particulièrement prudent en vous soignant avec des huiles essentielles. La plupart sont toxiques pour le chat, notamment celles contenant des phénols, des cétones et des monoterpènes. Elles détruisent irrémédiablement les cellules hépatiques du chat, qui n'ont pas la capacité de se régénérer comme chez nous. Pour les félins, mieux vaut donc utiliser les eaux florales ou les fleurs de Bach. Pas question d'employer de l'HE de Mandarine en diffuseur pour calmer les gosses ou un mélange d'HE Citron-Sapin de Sibérie en prévention des maladies hivernales.

Si vous utilisez des H.E. pour votre propre usage et que vous craignez une intoxication de votre chat, vous pouvez renforcer sa résistance en mettant une minuscule pinçée de brindilles de spiruline dans ses croquettes chaque jour durant un mois. C'est valable aussi pour les personnes souffrant d'une insuffisance hépatique. Dans ce dernier cas, augmenter progressivement la dose de 1/2 à 2 cuillères à café de spiruline par jour.

Il y a moins de problèmes avec les chiens qui sont plus résistants aux HE. Mais prudence tout de même !

 

En résumé, les huiles essentielles sont des produits très concentrés qui ne doivent pas être utilisés à la légère. Mieux vaut demander conseil avant de se lancer. Il y a quelques années, les pharmaciens les proposaient à la vente sans trop en connaître l'usage. Heureusement, cela est en train d'évoluer. La botanique revient à l'honneur en faculté de pharmacie. Dans tous les cas, le nombre d'accidents dûs aux huiles essentielles et leur gravité sont minimes à côté des effets secondaires de certains médicaments comme le Médiator.

 

Nota : Certes, l'HE d'Origan permet de soigner efficacement la plupart des maladies infectieuses et parasitaires, mais, si elle est toxique pour la membrane externe des bactéries pathogènes, elle l'est aussi pour la peau, le foie et l'estomac. Il est toujours possible de diluer l'HE d'Origan dans de l'huile d'olive pour une administration buccale. Cependant, une dose efficace de 3 ou 4 gouttes par prise nécessiterait l'absorption d'une grande cuillère à soupe d'huile trois fois par jour, ce qui entraînerait un apport calorique important. Il faudra donc préférer les capsules gastro-résistantes, ou encore les suppositoires qui donnent d'excellents résultats en cas de troubles ORL et urinaires. (Encore faut-il trouver une pharmacie qui propose ces produits !). Il en va de même avec les autres HE phénolées : Cannelle, Sarriette, Thym Ct thymol et Girofle.

 

 

 

Livres recommandés sur le sujet :

  • L'aromathérapie de Dominique Baudoux, éd. Amyris, 2008, 256 pages, 26 €.
  • Ma bible des huiles essentielles de Danièle Festy, Leduc.s éd., 2007, 552 pages, 19,90 €.
  • Conseil en aromathérapie, 2ème édition. Ouvrage collectif dirigé par Danielle Roux, éd. Pro-Officina, 2008, 188 pages, 43 € (destiné au corps médical).

 

 

 

 

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 21:53

Mis à jour le 3 juin 2014

  

Lors d'une récente « fête des voisins », une voisine m'a fait part de ses vives réserves vis-à-vis de l'agriculture biologique, prétendant même préférer les produits classiques aux produits bio. Sur le moment, je fus consterné par cette réflexion, d'autant qu'elle provenait d'une personne plutôt jeune et instruite, donc supposée avoir un jugement pertinent sur la question. J'ai préféré lui répondre sous forme d'une lettre ouverte, son jugement étant représentatif d'une frange de la population française nettement désinformée par les grands médias.

Quelle est donc l'utilité des produits biologiques ?


 

  • La valeur nutritive des légumes bio est nettement supérieure à celle des légumes non bio

"Les productions biologiques contiennent significativement plus de vitamine C, de fer, magnésium et phosphore et significativement moins de nitrates que les productions conventionnelles".

Ce sont les conclusions d'une méta-analyse américaine menée par Virginia Worthington et publiée en 2001 dans The journal of alternative and complementary medicine

Réunissant 41 études publiées sur le sujet, l'auteur constate premièrement que le taux de minéraux contenus dans les récoltes a fortement diminué durant les 60 dernières années aux États-Unis et en Grande Bretagne. C'est particulièrement vrai pour le calcium, le magnésium et le fer. Le taux de cuivre a été analysé seulement en G.B. où une baisse de 81% a été relevée sur 20 fruits et 20 légumes entre 1936 et 1987 !

Or en agriculture biologique, on relève des taux moyens de +27% pour la vitamine C (+52% dans l'épinard), +21% de fer (+41% dans le chou), +29% de magnésium (+69% dans la carotte) et -15% de nitrates qu'en agriculture conventionnelle. Sur un oligo-élément comme le sélénium, on trouve même un taux de +372% en bio ! Or, associé à la vitamine E, le sélinium est un puissant anti-oxydant aux propriétés anticancéreuses et intervenant dans la fécondité. Pour l'iode, on atteint même +498% en bio !

Cet appauvrissement des légumes en minéraux nous affecte de manière significative au quotidien, cela d'autant plus que le stress croissant - subi notamment au travail - augmente nos besoins en magnésium.

 


  • Ils sont à peu près exempts d'OGM, dont la toxicité est désormais prouvée.

Longtemps cachée par les multinationales de la « biotechnologie » comme Monsanto, la toxicité des OGM est désormais avérée.

On savait déjà que les animaux sauvages évitent les OGM lorsqu'ils ont le choix et plusieurs études laissaient planer de lourds soupçons sur l’innocuité des aliments OGM. Une récente étude russe, poursuivie durant 2 ans, a démontré que les aliments OGM stérilisent les hamsters en 3 générations, avec apparition de poils dans la bouche !

http://www.gabb32.org/actualites-gabb/ogm/70--des-hamsters-nourris-aux-ogm-developpent-des-symptomes-inquietants.html

Une toute nouvelle étude française vient du reste de confirmer ces résultats. L'équipe du professeur Gilles-Eric Séralini - professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen - vient en effet de conclure à la forte toxicité du maïs OGM NK 603 de Monsanto chez le rat. Cette toxicité est particulièrement précoce chez la femelle et se manifeste à partir de 4 mois. Comme par hasard, les tests effectués par Monsanto pour permettre la mise sur le marché de son produit s'arrêtent au bout de 3 mois...

http://tempsreel.nouvelobs.com/ogm-le-scandale/20120918.OBS2686/exclusif-oui-les-ogm-sont-des-poisons.html


  

  • En principe, les produits biologiques ne contiennent pas de pesticides dangereux, ni d'herbicides comme le Roundup.

Le laboratoire Estrogène et Reproduction de l'université de Caen a montré la forte toxicité de l'herbicide Roundup sur les cellules humaines, même à faible dose. Or ce produit est universellement employé en agriculture.

http://www.wikistrike.com/article-les-ogm-sont-toxiques-100148969.html

Et on sait désormais que les cancers du cerveau sont beaucoup plus fréquents chez les agriculteurs (arboriculteurs et viticulteurs en particulier) du fait de l'usage abondant de pesticides en traitement des cultures.

Dernièrement, l'agence de protection de l'environnement des États-Unis vient de mettre en garde sur la dangerosité de deux pesticides utilisés sur les citrons. L'imazil - toxique pour la reproduction et l'environnement - est classé comme "cancérigène probable" et "neurotoxique", en particulier pour les enfants. Quant au thiabendazole, il provoque nausées, vomissements et diarrhées. "Ces deux produits sont également utilisés pour le traitement de surface de nombreux autres agrumes comme les mandarines et les oranges, mais aussi les pommes de terre".

http://www.wikistrike.com/article-les-citrons-non-bio-peut-provoquer-des-nausees-vomissements-et-diarrhees-108854146.html

 

 

  • Des sols gavés de nitrates et de métaux lourds en agriculture conventionnelle 

Il est notoire que l'agriculture intensive abuse des engrais azotés, qui provoquent un taux de nitrates excessif dans les cultures, de légumes-feuilles en particulier.

Il est également reconnu que les engrais chimiques apportent des métaux lourds, comme le cadmium contenu dans la potasse. Ceux-ci contaminent les sols et sont absorbés par les plantes. Au contraire, un sol cultivé en agriculture biologique sera plus riche en micro-organismes qui transforment ces substances et évitent leur propagation dans les cultures. Encore faut-il que les eaux d'irrigation ne soient pas contaminées et que l'air ne soit pas pollué par des industries environnantes !



  • L'agriculture biologique permet de conserver les sols vivants, seule solution pour préserver l'avenir des ressources alimentaires mondiales.

Il n'y a pas besoin d'être expert en agronomie pour savoir que l'agriculture conventionnelle appauvrit et stérilise les sols, considérés comme de simples supports d'intrants chimiques. On a donc affaire à une agriculture totalement dépendante de l'industrie agrochimique.

Au contraire, un sol cultivé en agriculture biologique est un sol vivant, recelant des milliards de micro-organismes qui assurent sa fertilité.

L'une favorise la désertification, l'autre développe la vie. Mais il faut avouer que nous sommes encore dans une culture de mort, au sens propre comme au figuré.


 

  • Enfin, l'agriculture biologique crée plus d'emplois que l'agriculture chimique

Le désherbage des terres cultivées en bio se fait non avec des désherbants, mais à l'ancienne par des binages et sarclages. En maraîchage bio, par exemple, le nombre d'ouvriers agricoles sera à peu près le double, d'où création d'emplois. Et, comme on dit, il n'y a pas de sot métier.

 

Depuis plus d'une trentaine d'années, en alliance avec la FNSEA, le gouvernement français a privilégié les grandes exploitations céréalières, via les subventions européennes de la PAC. La filière bio n'avait droit à peu près à aucune aide publique. Le résultat, c'est que la France – jadis largement exportatrice de produits agricoles – importe désormais la majeure partie des produits bio consommés dans l'hexagone de pays comme l'Italie et l'Autriche. D'où un déséquilibre de notre balance commerciale, et une moins bonne maîtrise sur les procédures de contrôle assurant la fiabilité des produits bio. Cette situation favorise les abus. Du reste, il faut savoir que la France dispose actuellement des normes les plus strictes en matière d'agriculture biologique, avec le label Demeter en particulier. L'Europe a commencé à niveler les normes européennes sur les pays les moins stricts, autorisant 0,9% d'OGM au lieu de 0,2% précédemment. Mais, globalement, la sécurité est nettement meilleure sur les produits bio que sur ceux provenant de grandes cultures.

Pour s'en convaincre, il suffit de comparer une laitue de grande culture - aux feuilles molles et fades - avec une laitue bio nettement plus savoureuse. Au cas où vous ne feriez pas la différence, sachez que la tortue préfère la bio.

Pour ceux qui mangent encore de la viande, le poulet constitue un autre exemple éloquent. En effet, le poulet bio est élevé en 90 jours, nourri à 90 % de céréales bio et peut se dégourdir les pattes dans un parcours de plein air. Rien à voir avec un poulet de batterie parqué durant 45 jours dans un hangar surpeuplé et nourri de maïs OGM ou de farines animales.

Et, simplement au niveau du goût, une banane bio ou du beurre bio s'apprécient nettement plus que leur équivalent classique. Quant on connaît l’extrême dangerosité des pesticides utilisés dans les bananeraies d'Amérique Centrale (causant cancers et stérilité chez les ouvriers des plantations) on comprend mieux la différence de goût. Et le beurre est connu pour stocker une grande partie des pesticides absorbés par la vache dans son alimentation.

Une récente étude espagnole démontre du reste que les tomates de culture biologique sont plus riches en polyphénols - aux vertus antioxydantes - que les tomates non bio. link

 


Reste le prix souvent abusif des produits bio et la fraîcheur des légumes pas toujours à la hauteur. Une plus large diffusion des produits bio devrait permettre d'en réduire légèrement le coût.

 

Ceci dit, comme l'a montré un récent reportage sur Arte, il existe de nombreuses fraudes sur les produits bio, en particulier en Chine et en Thaïlande. Même les pays européens ne sont pas exempts de pratiques frauduleuses. Il faut donc être vigilant et préférer les productions de petits exploitants à celles de la grande distribution où la pression sur les prix incite les producteurs à recourir à des procédés illicites.

 

 

 

 

P.S. Voir aussi l'article de lanutrition.fr du 7 septembre 2012 :

Vive polémique sur les avantages réels des produits bio

 

...et l'article de Wikistrike  du 8 septembre 2012 :

Des milliers de tonnes de faux produits bio écoulées en Europe

 

Voir également l'interview de Jacques Caplat (auteur de L'agriculture biologique pour nourrir le monde  aux éditions Actes Sud, 2012) sur le blog québécois Le Grand Changement :

L'avenir du monde passe par l'agriculture biologique !


Enfin, l'article "Alimentation biologique" (PDF) de Martine Lesage montre des photos Kirlian très évocatrices de l'énergie contenue dans les fruits et légumes biologiques, les aliments issus de culture agrochimique étant en quelque sorte dévitalisés.

 


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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 12:33

 

À première vue, on pourrait penser que l'on mange de la viande par goût ; pour le plaisir gustatif pervers de consommer du cadavre d'animal en quelque sorte. Mais tous ceux qui mangent de la viande n'ont pas cette attirance morbide. Non, la principale raison pour laquelle les gens consomment de la viande est d'ordre culturel.

Chacun a besoin de s'assimiler à un groupe social dans lequel il se reconnaît et dont il respecte les codes. Or notre société a placé la viande à la pointe de sa gastronomie et la publicité insistante du lobby de la viande nous enjoint de respecter ce code social, en nous promettant que l'on en retirera du plaisir.

Vous avez certainement déjà vu cette pub à la télé avec des anges qui se joignent à des démons pour savourer de la viande. Un spot qui met mal à l'aise ceux qui se sont justement détachés de la viande.


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Car cette publicité contient un secret machiavélique : nous sommes différents les uns des autres, non tant par nature que par choix. Tout l'art des publicitaires consiste à nous influencer par la ruse. Et ceux qui tirent discrètement les ficelles de notre comportement aimeraient bien nous attirer sur la pente descendante. Pour cela, on nous laisse entendre que la viande est une denrée enviable, comme si nous étions tous des carnassiers. Mais lorsqu'un herbivore se réveille et s'aperçoit qu'il vit au milieu d'une bande de carnivores, il y a un problème. On a vu ce que cela donnait lorsqu'on fait manger des farines animales à des ruminants ! (Il faut croire que cela n'a pas servi de leçon puisque l'Union Européenne est en passe d'autoriser à nouveau les farines animales dans l'alimentation du bétail).

 

Le monde évolue à grande vitesse et il vaut mieux aller dans le sens du courant que d'essayer désespérément de nager dans le sens inverse. Si vous ressentez une attirance pour la Nature, l'alimentation saine et vivante, suivez votre intuition et délaissez les aliments pour lesquels vous ressentez de la répulsion, la viande en particulier.

Le problème, c'est que nous sommes à une période charnière. Le vieux monde est fissuré de toutes parts et s'apprête à s'écrouler. Mais le nouveau monde ne sortira pas d'un trait, comme un lapin d'un chapeau. C'est à nous d'adopter de nouveaux comportements dans notre vie de tous les jours. Pour cela, il faut sortir du groupe dominant et accepter d'être vilipendé pour notre attitude non conformiste. Les précurseurs sont souvent sacrifiés, alors qu'ils servent de phare à la communauté.

Dans les époques de crise profonde, comme celle que nous traversons actuellement, on rencontre aussi bien des attitudes de bassesse que d'héroïsme. Que l'on se rappelle la débâcle de 1940 et l'occupation allemande qui s'en suivi. Si le gouvernement de Vichy incitait alors à dénoncer les résistants, il y avait aussi des "Justes" qui mettaient leur existence en danger pour sauver des innocents. (La comparaison pourra paraître disproportionnée à certains, mais le temps risque hélas de me donner raison).

On nous a toujours persuadé qu'il valait mieux être le loup que l'agneau, mais nous ne sommes pas tous des prédateurs ; chacun suit sa propre inclination. Ceci dit, être martyre n'est pas un but en soi. Il faut plutôt chercher à mettre en œuvre un idéal de fraternité.

 

Mais attention ! Si de nombreuses personnes deviennent subitement végétariennes, l'industrie de la viande - jadis florissante - pourrait bien péricliter. Certains ne manqueront pas alors d'avancer que nous devons manger de la viande par civisme, pour sauver la filière et les emplois qui vont avec. En somme, si DOUX - le géant breton de la volaille - dépose le bilan, ce n'est pas à cause d'erreurs de management, mais parceque nous n'avons pas mangé assez de poulet ! Avec un tel raisonnement, rien ne vaut les usines d'armement pour développer l'emploi. Il faut savoir rester ferme dans nos convictions et ne pas nous laisser abuser par ceux qui cherchent à nous attribuer le poids de leurs propres erreurs de jugement.

 

[À propos de DOUX, il y en a un qui ne manque pas d'air, c'est Michel-Édouard Leclerc. Il a fait savoir qu'il était de tout cœur au côté des salariés en passe d'être licenciés, alors que sa politique commerciale est l'une des causes de la faillite du volailler. En effet, LECLERC a réussi a devenir l'enseigne la moins chère de France en pressant ses fournisseurs comme des citrons. C'est justement parceque DOUX est resté intransigeant en refusant de baisser ses tarifs qu'ils a perdu d'importantes parts de marché dans la grande distribution. À cela il faut ajouter des investissements hasardeux au Brésil où sa filiale faisait concurrence à la maison-mère française.]

 

Ainsi, l'argument économique apparaît comme la dernière tentative d'un système à bout de souffle pour nous faire rentrer dans le rang. L'objectif étant de contrôler les individus. Pour cela, on les empêche de réfléchir en les plongeant dans une torpeur favorisée par une alimentation malsaine. Si vous désirez vous affranchir des tutelles politique et religieuse, attendez-vous à des mesures d'intimidation. Ces gens-là ont horreur des hommes libres et indépendants. Ils préfèrent ceux qui se soumettent. Car être végétarien, c'est adopter un mode de vie différent, en faisant un pied-de-nez aux idées recues. Mais l'exception d'aujourd'hui (2% de végétariens en France) pourrait bien devenir la norme demain. À condition que nous fassions preuve de persévérence...

 

 

 

 

 


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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 13:50

 

 Seconde peau, le cuir véhicule une image de virilité et de sensualité, d'où son adoption par les adeptes du sadomasochisme. Mais, dans la réalité, le cuir est le résultat d'une immense souffrance, non seulement pour les animaux dont il est issu, mais pour les ouvriers qui ont participé à son élaboration, particulièrement dans les pays du tiers-monde où la production 1er prix est désormais délocalisée. Au Bengladesh, les tanneries sont même à l'origine d'un désastre écologique sans précédent.

 

 

L'Inde : un marché en pleine expansion

 

Pour commencer, il ne faut pas perdre de vue que le cuir constitue le principal sous-produit de l'élevage, constituant à lui seul 40% de la valeur de l'animal en moyenne. Il sous-tend donc la production des races à viande et même laitières.

À travers l'exemple de l'Inde et du Bengladesh, nous allons suivre les différentes étapes qui aboutissent à la fabrication de l'objet en cuir convoité. Car, on l'ignore peut-être, mais l'Inde est en passe de devenir en 2012 le premier exportateur mondial de viande bovine. Il s'agit en fait de buffle d'eau, dont la viande est exportée congelée au Moyen Orient, en Afrique du Nord et en Asie du Sud-Est. Ces pays apprécient sa qualité et son prix attractif la rend bien plus compétitive que la viande de zébu brésilien.

À l'origine, l'élevage des bufflonnes a été développé en Inde à cause du lait de l'animal, très riche en matière grasse, qui permet de confectionner du beurre clarifié (ghee) pour le marché local. Mais la loi indienne interdit l'abattage des vaches et bufflonnes produisant du lait, l'abattage des mâles étant autorisé dans les seuls états du Kérala et du Bengale Occidental où les communautés chrétiennes et musulmanes sont importantes, ainsi que dans les états tribaux situés entre le Bhoutan et la Birmanie où la consommation de viande est traditionnelle. Cette loi avait pour but de ménager les hindous, respectueux des bovins, qui sont majoritaires dans les autres états. Mais, avec la mondialisation, les choses ont pris une autre tournure.

 

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Ainsi, les bêtes sont acheminées dans des conditions abominables, sur de longues distances, par de mauvaises routes, souffrant de la faim et de la soif, entassées les unes sur les autres, étouffées par leurs congénères ou souffrant de fractures multiples. Beaucoup meurent durant le voyage, qui se termine souvent au Bengale Occidental. Là commence un autre genre de trafic.

La pénurie des abattoirs en Inde a en effet favorisé les abattoirs clandestins − sept fois plus nombreux que les établissements officiels −, ainsi que la contrebande et la corruption, notamment à la frontière avec le Bengladesh. Le prix d'un bovin est en effet multiplié par 3,5 en passant d'un pays à l'autre, ce qui attise les convoitises, à commencer par celle des garde-frontières, qui touchent leur bakchich des deux côtés, sans compter les politiciens véreux qui permettent à cette situation de perdurer. On estime la contrebande annuelle de bovins à 1,5 millions de têtes, pour un montant de 500 millions de dollars. Et ceux qui essayent de faire passer du bétail en douce au Bengladesh sans passer par les postes frontières et graisser la patte des douaniers sont abattus par les garde frontières qui terrorisent les paysans frontaliers (100 morts par an). L'Inde est du reste l'un des pays les plus corrompus au monde, ce qui fait l'objet d'un débat national depuis le printemps 2011, toute réforme étant bloquée par les députés malgré la pression populaire.

 

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Les tanneries du Bengladesh : une apocalypse sanitaire et environnementale

 

Là, on arrive au bout de l'enfer, à la fois pour les bêtes et les ouvriers des tanneries. Si le Bengladesh est devenu aujourd'hui l'un des principaux pays exportateurs de peausseries, c'est grâce à une absence presque totale de réglementation qui abaisse les coûts de production. Mais cela se fait au prix d'une main d'œuvre sacrifiée et de dégats irrémédiables sur l'environnement. L'industrie du cuir est en effet l'une des plus polluantes au monde, avec l'emploi de quelques 250 produits chimiques toxiques. Au premier rang desquels on trouve le chrome, utilisé pour le tannage depuis la fin des années 1960. Hautement toxique et corrosif, celui-ci provoque le cancer du poumon et des ulcères de la peau chez ceux qui y sont exposés.

La majorité des tanneries du Bengladesh se trouve à Hazaribagh, dans la banlieue de la capitale Dhaka, en amont de la rivière Buriganga qui traverse la ville. Peuplée de 18 millions d'habitants, Dhaka est une ville gigantesque, où viennent s'entasser chaque année 800 000 nouveaux migrants. En majorité, ce sont des petits paysans ruinés, prêts à tout pour survivre. Avec un salaire équivalent à 40 € par mois pour un ouvrier de tannerie adulte, cela lui permet tout juste de se nourrir, avec une espérance de vie d'à peine 50 ans. Et que dire des enfants qui travaillent dans ce milieu hostile durant 12 h par jour pour 27 € par mois !

Sachant que la main d'œuvre est inépuisable, les patrons des tanneries rechignent à se délocaliser et à traiter leurs eaux usées. Et les parlementaires bengalis, commerçants pour la plupart, bloquent toute réforme en connivence avec les tanneurs. En attendant, quelque 20 000 m³ d'eaux usées saturées de produits toxiques sont rejetées chaque jour dans la rivière par plus de 200 tanneries de la ville, ce qui fait de la zone l'une des plus polluées au monde. L'eau de cet immense égout à ciel ouvert servira à irriguer ensuite les cultures environnantes (!) tandis que les déchets de tanneries chargés en métaux lourds sont destinés à la fabrication d'aliments pour nourrir les poulets et les crevettes...


 

Le cuir dans notre vie quotidienne

 

Est-ce à dire que nous devions radicalement abandonner l'usage du cuir, ainsi que le préconisent les végans ? Comme ces ascètes hindous ou jaïns qui portent des sandales de bois. Mais il n'est pas question de remarcher en sabots !

Dans un premier temps, je pense que l'on doit surtout limiter le cuir aux objets strictement utilitaires, comme les chaussures de ville, de travail ou les ceintures, et éviter au maximum tout ce qui est superflu et tapageur. A-t-on vraiment besoin d'un canapé en cuir, de cuissardes ou d'une douzaine de sacs à main « pleine peau » ? Celles qui ont une addiction aux chaussures, collectionnées par dizaines de paires, entretiennent inconsciemment l'exploitation animale et humaine, la corruption et la pollution dans des pays lointains comme l'Inde et le Bengladesh. L'Europe importe en effet chaque année 141 millions de peaux, rien que du Bengladesh. Aussi, si vous trouvez une paire de chaussures à 10 € ou un magnifique sac à main en cuir à quelques dizaines d'euros, il est probable que l'article a été produit en Asie dans de telles conditions, sans aucun respect pour l'animal, ni pour la santé, la sécurité et le bien-être de ceux qui ont participé à l'élaboration du produit, ainsi qu'au mépris de toute règle de la préservation de l'environnement.

La prochaine fois que vous vous apprêtez à acheter un objet en cuir, demandez-vous : en ai-je réellement besoin ?


 

 

Pour lire l'article en PDF : L'industrie du cuir L'industrie du cuir

 

 

Sources :

http://www.one-voice.fr/alimentation-et-vetements-sans-barbarie/le-cuir-une-industrie-alliant-cruaute-et-pollution/


http://www.everydaymoney.ca/2010/05/cow-smuggling-in-india-a-lucrative-trade-report-says.html


http://daily.bhaskar.com/article/BIZ-NEWS-india-to-become-leading-beef-exporters-3342317.html?HT5


http://www.les-vegetaliseurs.com/article-66039-lecuirunecatastropheecologique.html


http://www.zeppelin-geo.com/galeries/bangladesh/hazaribagh/hazaribagh.htm


http://www.sos-arsenic.net/english/environment/leatherindustry.html

 

http://lacriee.free.fr/vegetarisme-Inde-Tibet.pdf

 

http://www.goodplanet.info/Contenu/Videos/Debat-sur-le-cuir-bon-marche-venu-du-Bangladesh/%28theme%29/277

 

 


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