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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 15:49

 

Leader de l'indépendance de l'Inde et apôtre de la non-violence, le Mahatma Gandhi (1869/1948)avait une profonde vénération pour la vache. Sa relation singulière au lait, ainsi que les expériences qu'il mena en matière de diététique, justifient que l'on s'attarde sur son parcours et sur ses convictions.

 

Le végétarisme tient une place capitale dans la vie de Gandhi, qu'il s'agisse de son cheminement personnel ou de son enseignement : « S'abstenir de viande est d'un grand secours pour l'élévation de l'âme ».

Pour Marjolaine Jolicœur, qui connaît bien le sujet, dans l'optique du Mahatma, « l'alimentation végétarienne vise nécessairement la conversion des cœurs. C'est une façon non violente de s'alimenter, pleine de respect et d'amour bienveillant pour tout ce qui vit ».

Ainsi, Gandhi « considère la nourriture carnée comme inadaptée pour notre espèce », contrairement à Swâmi Vivekânandâ, disciple de Râmakrishna fortement occidentalisé, qui en recommandait la consommation à ses amis. Le Mahatma tenait « le végétarisme pour l'un des cadeaux inestimables de l'hindouisme ».

 

Irène Frain, qui a consacré un beau livre à Gandhi, raconte une anecdote amusante. Cela se passe vers les années 1900, à l'époque où Gandhi vivait encore en Afrique du sud.

« Mais le jour où une amie chrétienne veut lui démontrer la supériorité du Christ, il lui rétorque que l'amour selon Bouddha concerne toutes les créatures, et non, comme dans sa religion, les seuls humains. Puis dans la foulée, il se pique de convertir son rejeton au végétarisme, à l'horreur de la mère... ». Cette malice, qui consiste à vouloir appliquer au garçon le même discours missionnaire que lui tenait la mère, est tout à fait typique du caractère un peu espiègle de Gandhi.

 

Gandhi admettait que « l'homme devient ce qu'il mange ». En cela, il reconnaît un grand principe énoncé par Hippocrate, ainsi que dans le Caraka Samhita, en médecine ayurvédique : « ...le corps est le produit direct de la nourriture » (Livre I, XXVIII, 41).

Mais, dans un discours prononcé devant la Société Végétarienne Londonienne en 1931, Gandhi va beaucoup plus loin. Il critique la démarche qui consiste à devenir végétarien pour des motifs purement médicaux, estimant que c'est la pire entrée en matière et que l'on court ainsi à l'échec. Pour lui, une base morale est indispensable. « Je pense que ce que les végétariens devraient faire n'est pas d'insister sur les conséquences physiques du végétarisme, mais d'en explorer les conséquences morales ».

 

Constatant les polémiques au sein de la communauté végétarienne de Londres et l'attitude sectaire de certains de ses membres, il déclare que « les végétariens doivent être tolérants s'ils veulent convertir les autres au végétarisme. Adoptez une attitude humble ». Cela ne l'empêche pas d'être lui-même inflexible quant à son vœu d'abstinence de viande : « Si quelqu'un me disait que je risque la mort en refusant du bouillon de bœuf ou du mouton, même sur prescription médicale, je préférerais la mort ».

Gandhi dut cependant faire une concession au sujet du lait. Après l'avoir rejeté durant six ans, il dut se résigner à consommer du lait de chèvre à la cinquantaine, alors que ses forces déclinaient dangereusement suite à une infection intestinale. Il avouait même que cela avait été « la tragédie de sa vie ».

Contrairement à la tradition hindoue qui tient le lait de vache en grande estime, Gandhi pensait au départ que le régime alimentaire idéal est végétalien, voire frugivore :

« C'est ma ferme conviction que l'homme n'a besoin d'aucun autre lait que celui de sa mère qu'il boit quand il est bébé. Sa diète ne devrait consister en rien d'autre que des fruits secs et des noix. Il peut tirer suffisamment de nourriture pour ses tissus et ses nerfs de fruits comme le raisin et de graines oléagineuses comme les amandes. La maîtrise de la sexualité et des autres passions devient facile pour un homme qui vit de tels aliments ».

Mais, en « idéaliste pragmatique », tel qu'il se définissait lui-même, il dut réviser son opinion après que sa vie fut sauvée par du lait de chèvre bu cru, aussitôt après la traite.

 

Dans son autobiographie, Gandhi raconte avec franchise ses tiraillements, lorsqu'adolescent un camarade musulman l'avait convaincu de manger de la viande ; ou quand, jeune étudiant en droit à Londres, ses amis tentèrent de lui faire rompre le vœu fait à sa mère de rester fidèle au végétarisme. Plus loin, il n'hésite pas à aborder ses pulsions sexuelles, un sujet tabou à l'époque. Ainsi, Gandhi nous apparaît d'autant plus sympathique qu'il est humain, ne cherchant pas à cacher ses faiblesses et ses déchirements intérieurs.

 

Il faut souligner cependant que la démarche de Gandhi n'est pas tout à fait représentative de l'hindouisme. Du reste c'est un intégriste hindou qui l'assassina en 1948 et les nationalistes le considèrent toujours comme un traître, l'accusant d'être responsable de la partition de l'empire des Indes. En fait, Gandhi chercha à réconcilier hindous et musulmans, quitte à faire des concessions jugées inacceptables par son camp.

 

Actuellement la consommation de viande augmente globalement en Inde du fait de la multiplication des fast-foods et de l'influence souvent malsaine de Bollywood. Heureusement, depuis peu, beaucoup de jeunes indiens redécouvrent l'enseignement de Gandhi, qui avait été délaissé par la société indienne, trop occupée à courir après la réussite matérielle. Le fait que, de son vivant, Gandhi ait été plus respecté par les musulmans que par les hindous eux-mêmes est bien un signe de l'universalité de son message.

 

Gandhi a influencé de nombreuses personnalités comme Martin Luther King et Lanza del Vasto. Ce dernier, chrétien et néanmoins disciple de Gandhi dès les années 1930, écrivait : « La nourriture carnée porte en elle les inquiétudes, les convoitises, les acharnements, les agressivités de la bête ; la nourriture végétale, la fraîcheur et la stabilité de la plante »...

Notons également Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix 1991 et ancienne prisonnière politique birmane, une végétarienne qui marche courageusement dans les pas de Gandhi.

 

Aujourd'hui, le portrait de Gandhi figure sur tous les billets de banque de l'Union Indienne et sa statue trône dans de nombreuses villes, mais bien peu restent fidèles à son enseignement. Il y a même pas mal d'hypocrisie à son égard, dans le monde politique en particulier. Il est vrai que Gandhi a toujours été du coté des faibles et des opprimés. Et en Inde comme ailleurs, le pouvoir s'intéresse plus à ceux qui ont de l'argent.

 

 

Ce texte est extrait du e-book Être végétarien, le bon choix ?

 

Pour voir le texte en PDF 

 


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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 18:53

 

Deux tendances philosophiques se démarquent dans le domaine de la protection animale : les welfaristes et les abolitionnistes. Les premiers souhaitent améliorer les conditions de vie des animaux, leur bien-être (welfare en anglais). Au contraire, les seconds veulent abolir toute exploitation animale.

 

Les welfaristes se situent dans la lignée de l'australien Peter Singer, pionnier de la cause animale avec son manifeste La Libération animale publié en 1975. Pour celui-ci, il s'agit surtout de pendre conscience que nous avons une obligation morale envers les animaux et d'alléger la souffrance de ceux-ci. Cependant, Singer ne condamne pas à priori l'expérimentation animale. Il pense que celle-ci est susceptible d'apporter des améliorations à l'humanité. Pour Peter Singer, il importe avant tout d'agir pour faire évoluer les consciences en faveur de la condition animale.

Dans cette lignée welfariste, on trouve les organisations de défense animale ONE VOICE et CIWF (Compassion in world farming), ou encore la Protection mondiale des animaux de ferme (PMAF). Certaines, comme ONE VOICE, sont résolument opposées à l'expérimentation animale, mais toutes cherchent à faire évoluer la législation. Pour résumer, on peut dire que l'approche welfariste est pragmatique : à défaut de pouvoir changer le système, ces ONG luttent afin d'améliorer le bien-être des animaux. Par exemple, ONE VOICE s'est beaucoup battue ces dernières années pour protéger les dauphins sauvages et faire interdire les delphinariums. Elle s'est investie également dans la protection des chats abandonnés, tandis que la PMAF se bat contre la castration des porcelets.

 

Les philosophes abolitionnistes comme Tom Regan et Gary Francione sont beaucoup plus radicaux. Opposé à toute forme d'exploitation animale, Tom Regan souhaite l'interdiction pure et simple de l'élevage industriel. Cette abolition s'étend également à la chasse, aux animaux de cirque et des zoos, ainsi qu'à l'expérimentation animale. Gary Francione va même plus loin en réclamant l'abolition des animaux domestiques, comme si les chiens, les chats et les nouveaux animaux de compagnie n'avaient pas un rôle éducateur à jouer auprès de nous.

Si la fondatrice de ONE VOICE s'inspire des leaders non-violents comme Gandhi et Théodore Monod, Francione se réfère au jaïnisme, religion qui considère le respect de toute forme de vie comme une règle absolue. Il va de soi que l'on retrouve dans cette mouvance abolitionniste un grand nombre de végétaliens militants ou végans, suivant la terminologie anglo-saxonne. Et les ONG auxquelles ils appartiennent ont souvent une action efficace et spectaculaire, ce qui leur amène aussi de fortes inimitiés parmi leurs adversaires. À ce titre, on peut citer l'organisation française de défense animale L214 éthique et animaux qui se bat contre le foie-gras et l'élevage de poules pondeuses en cage avec un certain succès ; ou encore l'ONG de défense des cétacés Sea Shepherd, qui a largement contribué à la récente victoire contre les baleiniers japonais.

 

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Quelle orientation choisir ? Une militante végane m'expliquait il y a quelque temps que les militants travaillant pour ONE VOICE n'y restaient pas et incorporaient L214 au bout d'un an ou deux. Ce à quoi je lui répondis que les deux approches avaient leur utilité, afin de faire évoluer la condition animale. En effet, la sensibilité et l'évolution des gens est très variable d'une personne à l'autre. Donc les actions défendant la cause animale doivent être aussi bien globales que ponctuelles afin d'atteindre le maximum d'efficacité. Les militants abolitionnistes souhaitent l'avènement d'une ère où l'homme cesse de dominer l'animal mais règne en paix avec lui. Mais ils sont souvent impatients et oublient que les mentalités mettent du temps à évoluer.

Personnellement, je pense que le plus important est de faire évoluer les consciences. À quoi bon demander la fermeture des abattoirs si les gens veulent continuer à manger de la viande ? Au contraire, j'estime qu'une telle exigence est contre-productrice, étant de nature à générer de farouches hostilités pouvant nuire à la cause qu'elle prétend défendre. Ce qui est obtenu par la force ne peut aboutir à une conquête durable.

Par contre, tout ce qui peut susciter la compassion envers le monde animal est porteur, car cela permet d'ouvrir les cœurs et d'élever les consciences.

 

Il est bien clair que le but final reste l'éradication de toutes les formes de barbarie à l'égard de l'animal, comme la corrida, la chasse, l'expérimentation animale et l'élevage industriel. Mais, pour y parvenir, ce ne sont pas des lois qui suffiront à vaincre les farouches résistances. Il faut plutôt expliquer, révéler, en s'adressant à un public jeune et encore réceptif, les aînés étant souvent enfermés dans leurs traditions malsaines.

Notre nouveau premier ministre, Manuel Valls, est un fervent partisan de la corrida. Sa ville natale à laquelle il semble très attaché, Barcelone, a renoncé à cette coutume barbare. Qu'il fasse de même ! Cela ne pourra que l'honorer.

 

 

Source : Philosophie Magazine n°77 mars 2014, dossier « Pourquoi aimons-nous les animaux ? »

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 07:18

 

 Dans son journal de 20 heures du jeudi 20 mars 2014 présenté par David Pujadas, France 2 livre des « informations » scandaleusement tendancieuses et méprisantes à l'égard des végétariens.

 

À la fin de son JT, Pujadas aborde la question de la viande, dont la consommation (hors volaille) est à la baisse partout en Europe et évoque de nouvelles recommandations de l'OMS en la matière. La question est posée : « Mangeons-nous trop de viande ? ».


Pujadas commence par dire que les végétariens « recrutent », ce qui en dit long sur son état d'esprit. Que les végétariens fassent entendre leur voix depuis 2 ou 3 ans, c'est certain. Prétendre qu'ils recrutent, c'est assimiler leur mouvement à une propagande militariste. Précisons seulement que les végétariens, qui représentent désormais près de 3 % de la population française, n'ont pas de droit d'expression à une heure de grande écoute. Au contraire, les chasseurs, qui ne représentent plus que 2 % de la population, sont chez eux dans les écoles depuis une directive ministérielle de mars 2010 !


Un peu plus tard, Pujadas prétend que c'est aujourd'hui « la journée de la viande », alors que c'est justement la journée sans viande, opération lancée par le collectif International Campaigns, qui lutte également contre l'expérimentation animale dont la France est le leader européen. Cela ressemble à de la désinformation dans le but de soutenir la puissante industrie de la viande.

En fin de reportage, David Pujadas précisera quand même qu' « il s'agit bien de la journée sans viande », mais le message est définitivement brouillé dans l'esprit du spectateur qui n'y comprend plus rien.

 

À la suite de ça, on nous montre l'indéboulonnable Jean-Michel Cohen, qui nous explique qu'il faut manger moins de viande, tout en se tapant une énorme côte de bœuf dans un restaurant. Faites ce que je dis, pas ce que je fais !

Comme le Dr Cohen n'est sans doute plus très crédible comme nutritionniste, on s'adresse ensuite au Dr Patrick Tounian, pédiatre et nutritionniste à l'hôpital Trousseau. Celui-ci nous dit que 20 % des enfants manquent de fer et que les enfants doivent manger de la viande, dont le fer est plus assimilable que le fer végétal. Il recommande même aux enfants de manger de la viande deux fois par jour ! Cet argument éculé est complètement démenti par la recherche moderne, mais ce praticien se soucie manifestement plus de défendre un lobby auprès d'une population tentée par le végétarisme, que d'avancer des données fiables. On attend avec intérêt l'avis de la Société Française de Pédiatrie qui doit s'exprimer sur le sujet dans les prochains mois.


Pour sa part, la Société Canadienne de Pédiatrie a publié en juin 2010 (reconduit en février 2014) un document, nettement favorable au régime végétarien pour les enfants, qui conclut ainsi :

« Un régime végétarien ou végétalien bien planifié qui tient compte des divers éléments nutritifs peut représenter un mode de vie sain à toutes les étapes de la croissance du fœtus, du nourrisson, de l’enfant et de l’adolescent. Il est essentiel de bien éduquer la famille et de lui procurer un suivi au fil du temps. À cet égard, de nombreux outils et excellents guides utiles peuvent aider les familles et les professionnels ».


Il est vrai que, outre atlantique, de nombreux aliments du commerce sont enrichis en fer et que sa carence y est sans doute moins perceptible que chez nous. Mais ce qui manque surtout en France, c'est une volonté politique de traiter les vrais problèmes, le zèle des gouvernements de droite comme de gauche s’exerçant à préserver la filière viande afin de maintenir l'emploi, quitte à nous induire en erreur au détriment de notre santé.

 

Le pédiatre interrogé par France 2 devrait savoir que, si le fer hémitique de la viande a une meilleure biodisponibilité que le fer végétal, « la consommation de fer hémitique est à éviter, car elle est directement liée à l'origine de plusieurs cancers, notamment celui de l'intestin, de l'estomac et de l'œsophage » (Massimo Nespolo, professeur à l'université de Lorraine, dans Alternatives Végétariennes  n°115 de mars-avril-mai 2014, page 17).


Décidément, la médecine moderne a l'art de déplacer le problème en proposant des solutions qui créent de nouveaux troubles générateurs de traitements lucratifs. Il faut bien renvoyer l’ascenseur aux laboratoires pharmaceutiques qui financent congrès et symposiums dès la faculté de médecine, avec petits et gros cadeaux à la clé, histoire de formater les esprits, sans même que certains des intéressés s'en rendent compte.

 

Plutôt que de préconiser de la viande – largement discréditée – comme source de fer disponible, ne serait-il pas préférable de recommander les algues, bien plus riches en fer que la viande elle-même, ainsi que les lentilles et le quinoa, également très riches en fer ? Le fer végétal doit simplement être consommé en même temps que des aliments riches en vitamine C, afin de favoriser son absorption. Il convient également que les enfants évitent le thé, dont les tanins bloquent l'assimilation du fer.

Les végétariens qui consomment fréquemment des légumineuses, de la spiruline, des graines de courge et du sésame manquent rarement de fer et de protéines contenus en abondance dans ces aliments.

Au contraire, ceux qui suivent les recommandations de l'industrie laitière et consomment leurs trois produits laitiers par jour sont exposés à une carence en fer dont ces aliments sont dépourvus.

 

Moralité : laissons tomber la viande et redécouvrons les lentilles, une vraie mine de fer et de protéines végétales saines.

Pour la santé osseuse et comme source de protéines remplaçant la viande, mangeons régulièrement du tofu bio (fromage de soja très riche en calcium et en magnésium), quoi qu'en disent les nombreux détracteurs du soja. Mais il s'agit là d'un autre thème de désinformation du lobby agro-alimentaire.

 

 

Pour voir le reportage de France 2 jusqu'au 27 mars 2014

(durée 4 mn, de 31'00 à 35'00)

http://pluzz.francetv.fr/videos/jt20h.html

 

Pour y voir plus clair au sujet du soja, lire le chapitre « Le soja est-il toxique ? » , pages 185 à 192 de notre e-book gratuit Être végétarien, le bon choix ?

 

 


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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 06:33

 

Le dérèglement climatique commence à affecter sérieusement les éleveurs. Alors qu'une partie de l'Angleterre est noyée sous les eaux, le Brésil et la Californie sont touchés par une grave sécheresse.


Le Brésil subit déjà des restrictions d'eau durant l'été austral normalement pluvieux. La déforestation massive de l'Amazonie est en cause. Le problème, c'est que les récoltes de soja risquent d'être sérieusement affectées. Or, les élevages français dépendent totalement de ce soja importé pour maintenir la productivité de leurs races laitières et à viande. Et les substituts au soja (pois, féverole, lupin...) ne sont pas encore développés, mais leur culture devrait revenir à l'honneur dans les prochaines années. De toute manière, ce sera toujours mieux qu'un soja OGM importé et gorgé de Roundup.

 

La Californie fait également face à une sécheresse historique. Des milliers d'hectares d'amandiers ont déjà été arrachés et le cheptel bovin américain est au plus bas depuis 1951, par manque de fourrage semble-t-il. La population américaine va bientôt devoir se passer de son T-bone steak, réservé aux élites aisées, et le hamburger à 1 $ ne sera bientôt plus qu'un vieux souvenir.


Les amateurs de viande devront bientôt se rabattre sur les insectes, plus abordables. Qui sait s'ils ne seront pas alors tourmentés par des nuées de sauterelles venant venger leur congénères, comme dans le fléau de l'Apocalypse ?

 

Vaut-il mieux se passer de viande volontairement, ou en être privé par manque de moyens financiers et la pénurie menaçante ? Avouons que la première solution permet de conserver une certaine sérénité, contrairement à la seconde qui mène à la colère et à la frustration.

 


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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 06:39

Mis à jour le 28 juin 2014

  

On célèbre cette année le centenaire du début de la première guerre mondiale (14-18), qui fit 9 à 10 millions de morts selon les estimations.

Le conflit débuta à la suite de l'assassinat de l'Archiduc François-Ferdinand de Habsbourg et de son épouse par Princip, un activiste serbe de Bosnie à Sarajevo le 28 juin 1914. François-Ferdinand était le neveu de l'Empereur François-Joseph et l'héritier présomptif du trône d'Autriche-Hongrie. Le jeu des alliances fit alors que les puissances européennes se déclarèrent la guerre les unes aux autres avec le résultat que l'on connaît.


HGM Wilhelm Vita Porträt Franz Ferdinand

Portrait de l'Archiduc François-Ferdinand par Wilhelm Vita.

Wikimedia Commons [public domain]

https://meta.wikimedia.org/wiki/File:HGM_Wilhelm_Vita_Portr%C3%A4t_Franz_Ferdinand.jpg



Certes, les causes de la Grande Guerre sont complexes. On parle du lobby militaro-industriel (Krupp et Cie), des généraux belliqueux (von Molkte, Ludendorff, Nivelle...) et de la personnalité du Kaiser Guillaume II. Mais une donnée importante semble avoir échappé aux historiens : le massacre des hommes a commencé par un massacre d'animaux sauvages.

 En effet, plus encore que François-Joseph (qui abattit lui-même au moins 2000 cerfs et chamois), François-Ferdinand était un chasseur compulsif. Peu avant d'être lui-même abattu, il venait de "tirer" son 10000ème cerf ! À lui seul, François-Ferdinand abattit le chiffre à peine croyable de 300 000 pièces de gibier : oiseaux de toutes sortes, cerfs élaphe, chamois, ours, bisons, éléphants, tigres... Son ancien château familial de Konopišté, en Bohème, recèle du reste un véritable musée de la chasse avec des centaines d'animaux empaillés et la plus belle collection d'armes anciennes d'Europe Centrale. Cela montre le goût immodéré de l'archiduc pour les armes à feu.

Ce manque de compassion pour les animaux accentuait sans doute son caractère dur. François-Ferdinand scella ses affinités germaniques en chassant avec le Kaiser Guillaume II (voir photo en lien). 

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Wilhelm_II_of_Germany_and_Franz_Ferdinand_of_Austria.jpeg

 

 Le fait que François-Ferdinand d'Autriche ait chassé en compagnie de l'Empereur allemand Guillaume II n'est pas anodin. En effet, c'est sur les recommandations de l'Allemagne que l'Autriche-Hongrie adressa à la Serbie un ultimatum aux conditions inacceptables, ce qui entraîna la déclaration de guerre à la Serbie et son alliée la Russie à mobiliser. Guillaume II entendait sans doute venger un compagnon de chasse, sans mesurer les conséquences désastreuses de son attitude. Dès lors, l'engrenage infernal était enclenché. Mais au départ, il y a la dureté de cœur des belligérants accentuée par leur pratique de la chasse. Avant d'entraîner leur peuple au carnage, ils se sont exercés sur les animaux.


Grand chasseur lui-même, l'Empereur François-Joseph connut de graves soucis familiaux : le suicide mystérieux de son fils Rodolphe, l'exécution de son frère Maximilien empereur du Mexique, l'éloignement puis l'assassinat de sa femme Sissi et pour finir l'assassinat de son neveu et héritier l'Archiduc François-Ferdinand.

 

Nicolae Ceausescu, le dictateur roumain, était lui-même un grand amateur de chasse à l'ours qu'il était le seul à pouvoir chasser dans le pays. En fait, il abattait des ours abrutis de tranquillisants et attachés à un arbre, avec deux tireurs embusqués pour être sûr qu'il ne râte pas son coup. Ceausescu termina sa vie fusillé, ainsi que son épouse, à l'issue d'un procès expéditif.

 

Plus récemment, le roi Juan Carlos d'Espagne a indigné l'opinion publique espagnole à la révélation de ses coûteuses chasses à l'éléphant au Botswana, en pleine période de crise économique. Cela n'a pas porté chance au monarque ibérique qui s'est fracturé la hanche avec opération de prothèse à la clé et a dû affronter la vindicte publique. À la suite de ça son petit-fils de 14 ans s'est tiré une balle dans le pied et sa fille l'infante Helena affronte les démélés judiciaires que l'on sait.

 

La chasse doit être reconnue pour ce qu'elle est : un loisir barbare et sadique. Les chasseurs ne devraient plus être protégés, mais au contraire poursuivis par les tribunaux. Problème : les députés qui votent les lois sont eux-mêmes chasseurs pour la plupart. 

Malgé tout, il semble que le vent tourne puisque Farid, le jeune marseillais qui avait martyrisé un chaton, et dont la vidéo a fait le tour du web, a été condamné à un an de prison ferme et à l'interdiction de posséder un animal.


 

Pour en revenir à la grande boucherie de 14-18, je voudrais souligner ici le caractère visionnaire de Tolstoï, qui annonça dès 1893 le carnage à venir, soit 21 ans avant les évènements :

"...nous sommes tous appelés à participer à la tuerie qui doit s'accomplir inévitablement sinon aujourd'hui, demain."

"Les souverains, qui prennent conseil aujourd'hui de leurs ministres, décident de par leur seule volonté si c'est cette année ou l'année prochaine que commencera la grande tuerie. Ils savent très bien que tous les discours ne les empêcheront pas, quand l'idée leur en viendra, d'envoyer des millions d'hommes à la boucherie." (Tolstoï - Le royaume des cieux est en vous)

S'agit-il des paroles d'un hérétique ou d'un prophète ?

 

 

En cliquant sur le lien suivant, on peut voir une vieille photo datée de novembre 1910 (extraite des archives allemandes) et montrant le Tsar Nicolas II invité à la chasse par l'Empereur Guillaume II. Tous deux sont entourés d'une hécatombe de cervidés abattus. Quelques années plus tard, ils perdaient tous les deux la guerre et leur trône. Nicolas II était même massacré sauvagement par les bolchéviques, ainsi que toute sa famille.

http://www.v-like-vintage.net/fr/photo_details/62603_photo_L%C2%B4empereur+Guillaume+II+et+le/

 


 

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 16:12

 Mis à jour le 31 mai 2014


Tahiti regroupe plusieurs graves troubles de santé : obésité, diabète, hypertension et maladies cardiovasculaires y sont massivement répandus.

D'après une étude effectuée en 2010 par l'Institut de Veille Sanitaire, le taux d'obésité de la population y est l'un des plus élevés au monde avec 40,4% contre 17% en métropole.

La consommation de viande par an et par habitant y est également considérable avec 108,9 kg en 2007, contre 88,7 kg pour la France à la même époque (chiffres FAO).

Certes, la viande n'est pas seule en cause. Les polynésiens mangent très peu de fruits et légumes, fument beaucoup et boivent des quantités d'alcool impressionnantes. Leur activité physique est également très réduite.

D'après une autre étude réalisée en 1995 le taux de diabétiques en Polynésie Française était alors de 17%, contre 10% de moyenne mondiale donnée par l'OMS en 2013, ce qui est déjà énorme.


À ce stade, on peut véritablement parler de suicide collectif, et la situation est encore plus grave dans d'autres îles de Polynésie telles que Nauru, les îles Cook ou les Samoa américaines avec des taux d'obésité compris entre 58% et 75%. Les révoltés du Bounty ne reconnaîtraient plus leurs vahinés transformées en modèles de Botéro !

 

800px-Paul_Gauguin_056.jpglink

 

Comment en est-on arrivé là ?

 

Il semble que ces populations, qui ont longtemps vécu en autarcie, aient mal supporté leur changement brutal de mode de vie, qui les rend dépendantes d'une économie agro-industrielle occidentale. Leur vulnérabilité est comparable à celle des amérindiens ou des inuits, qui ont perdu leurs repères et manifestent une sensibilité particulière à l'alcool.

Une campagne générale d'information nutritionnelle, auprès des enfants en particulier, s'imposerait comme un préalable à toute amélioration de la situation. Les polynésiens doivent également réaliser que tous ces biens de consommation importés dont ils sont si friands (alcool, tabac, alimentation dénaturée) sont des poisons pour leur organisme et détruisent leur dignité, les rendant complètement dépendants. D'autant plus que, malgré la loi Lurel qui l'interdit, les compagnies agro-alimentaires mettent nettement plus de sucre dans les produits vendus dans les DOM-TOM que dans ceux distribués en métropole. 


L'Océanie a encore du chemin à faire avant de redevenir le paradis qu'elle fut jadis.


 

http://www.slate.fr/story/75468/alcoolisme-tabagisme-obesite-tahiti

 


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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 22:59

 

Dans le cadre de l'émission Envoyé Spécial, France 2 a diffusé le jeudi 7 novembre un reportage choc sur la contamination du poisson d'élevage. Elle est le fruit d'une enquête de 5 mois sur les différents polluants (antibiotiques, pesticides, dioxine, métaux lourds etc) contenus dans le poisson d'élevage, saumon et panga en particulier. Cette émission très populaire a fortement impressionné les téléspectateurs, dont beaucoup ont désormais décidé de ne plus manger de saumon d'élevage.


Le toxicologue de l'université de Bergen interrogé montre que la quantité (et la diversité) des produits dangereux contenus dans le saumon d'élevage est largement supérieure à celle de tous les autres aliments analysés : hamburgers, lait entier, oeufs, pommes, pommes de terre, morue. Il a aussi admis qu'il ne consommait plus lui-même de saumon depuis qu'il avait fait cette constatation.

 

Jusqu'à une date récente, on nous vantait les bénéfices des omégas 3 à longue chaîne contenus dans les poissons gras comme le saumon. Il s'avère en fait aujourd'hui que le saumon d'élevage est l'un des aliments les plus pollués qui soient. C'est un animal malade et dégénéré qui ne devrait plus être consommé par les enfants en bas âge, les femmes enceintes et les personnes âgées, catégories les plus fragiles de la population. Le saumon de la mer Baltique, dont les eaux sont polluées à la dioxine par les papeteries suédoises, est l'un des plus contaminés.

 

Rz ALIM058Photo libre

 

Petite anecdote : en juillet 2004, peu avant que je décide de devenir végétarien, je me trouvais dans la salle voutée d'un restaurant de Cracovie en compagnie d'une amie polonaise. Je m'attardais longuement sur la carte vantant le saumon de la Baltique présenté comme une spécialité nationale. J'avais déjà connaissance de la contamination de ce poisson et je mettais en garde mes compagnons de table. Je n'avais pas remarqué un couple de jeunes français à la table d'à côté. M'entendant parler la jeune femme s'adressa à moi, me précisant qu'elle venait juste de consommer du saumon. Je lui répondis : "Ce n'est pas grave d'en consommer occasionnellement du moment que vous n'êtes pas enceinte." "Justement, je suis enceinte  ! " me répondit-elle.

Les dernières recommandations de l'ANSES sont d'une fois tous les deux mois maximum pour les personnes à risque. Cette poissonnière suédoise interrogée par Envoyé Spécial est plus catégorique : les femmes enceintes ne doivent pas manger de saumon de la Baltique.


 

Lien vers le reportage d'Envoyé Spécial sur YouTube : link


 

Voir aussi notre article  L'océan dépeuplé - ("Sea the truth")

 



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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 23:53

Mis à jour le 30 avril 2016

 

En l'absence de chiffres précis sur le nombre de végétariens, nous avons trouvé une méthode pour évaluer le dynamisme de ce mouvement. De nombreux signes indiquent en effet un rapide développement du mode de vie végétarien. Les choses bougent beaucoup depuis 2012 environ.

De nombreux livres sont parus ces dernières années pour dénoncer la consommation abusive de viande. On retiendra en particulier Bidoche de Fabrice Nicolino (2009), No Steak de Aymerik Caron (2013) et l'excellent Plaidoyer pour les animaux de Matthieu Ricard (2014).

Plusieurs émissions de télévision, notamment sur ARTE et France 2, ont sensibilisé le public, l'incitant à réduire voire bannir la viande de son alimentation tandis que le scandale de la viande de cheval donnait une mauvaise image des plats industriels.

En Grande Bretagne, The Vegetarian Society  évalue le nombre de nouveaux végétariens à près de 5000 par semaine. Quant à l'Association Végétarienne de France, elle ne compte que 4633 adhérents au 31 décembre 2015 (+12% en un an), mais affiche plus de 100000 J'aime  sur sa page Facebook ! À Paris, une vingtaine de restaurants végétariens ont ouvert en deux ans, tandis que les grands chefs s'intéressent de plus en plus à la cuisine végétarienne.

 

Méthode employée

Certes, il n'existe pas de statistiques sur le nombre de végétariens dans le monde, mais des évaluations déjà anciennes. Cependant, nous estimons que le nombre de restaurants végétariens constitue un reflet assez fidèle du mouvement. Nous avons donc analysé le nombre de restaurants végétariens dans une soixantaine de grandes villes, le comparant au chiffre de leur population et établissant un ratio du nombre d'habitants par restaurant végétarien. Pour cela, nous avons utilisé la base de données de Happy Cow. Il s'agit d'un gros site anglophone répertoriant les restaurants végétariens et véganes aux États-Unis, au Canada, Brésil, en Europe, Australie, Nouvelle-Zélande, à Bangkok, Hong Kong, Singapour et Tokyo.

Précisons que notre méthode n'a aucun caractère scientifique, mais constitue simplement le reflet du mouvement végétarien. Pour ce faire, nous avons considéré le chiffre de la population de chaque ville (arrondie au millier) et non celui de son agglomération, ce qui changerait la donne.

Voici donc le résultat des 60 villes de plus de 200 000 habitants analysées :

Ville

Pays

Nb de resto végé

(avril 2016)

Population

Ratio

resto/hab

Portland

États-Unis

56

584000

1/10400

Lisbonne

Portugal

43

545000

1/12700

Taïpeh

Taïwan

194

2620000

1/13500

Manchester

Grande-Bretagne

31

441000

1/14200

Zurich

Suisse

26

380000

1/14600

Bristol

Grande-Bretagne

26

422000

1/16200

Boston

États-Unis

38

627000

1/16500

Miami

États-Unis

25

433000

1/17300

Rotterdam

Pays-Bas

33

588000

1/17800

Amsterdam

Pays-Bas

58

801000

1/19100

Prague

République tchèque

53

1240000

1/21400

Gand

Belgique

11

249000

1/22600

Copenhague

Danemark

21

503000

1/24000

Toronto

Canada

102

2615000

1/25600

Berlin

Allemagne

134

3500000

1/26100

Édimbourg

Écosse

17

458000

1/26900

Vienne

Autriche

65

1757000

1/27000

Stockholm

Suède

31

881000

1/28400

Milan

Italie

46

1307000

1/28400

Barcelone

Espagne

55

1615000

1/29400

Anvers

Pays-Bas

17

507000

1/29800

Turin

Italie

30

909000

1/30300

Los Angeles

États-Unis

118

3792000

1/32100

Strasbourg

France

8

271000

1/33900

Paris

France

63

2244000

1/35600

Cracovie

Pologne

21

755000

1/36000

Auckland

Nouvelle Zélande

35

1291000

1/36900

Varsovie

Pologne

46

1711000

1/37200

Cologne

Allemagne

27

1021000

1/37800

Helsinki

Finlande

15

569000

1/37900

Hong Kong

Chine

184

7061000

1/38400

Melbourne

Australie

102

3995000

1/39200

Nice

France

8

343000

1/42900

Londres

Grande-Bretagne

176

7927000

1/45000

Dublin

Irlande

11

505000

1/45900

Francfort

Allemagne

15

697000

1/46500

Budapest

Hongrie

36

1733000

1/48100

Glasgow

Écosse

12

580000

1/48300

Hambourg

Allemagne

37

1813000

1/49000

Toulouse

France

9

442000

1/49100

Valence

Espagne

16

798000

1/49900

New York

États-Unis

155

8200000

1/52900

Birmingham

Grande-Bretagne

19

1006000

1/52900

Sydney

Australie

84

4504000

1/53600

Montréal

Canada

64

3458000

1/54000

Munich

Allemagne

25

1378000

1/55100

Athènes

Grèce

11

656000

1/59600

Rome

Italie

40

2404000

1/60100

Chicago

États-Unis

42

2714000

1/64600

Bangkok

Thaïlande

124

8280000

1/66800

Lyon

France

7

484000

1/69100

Bruxelles

Belgique

15

1300000

1/86700

Madrid

Espagne

36

3265000

1/90700

Marseille

France

9

850000

1/94400

Oslo

Norvège

9

932000

1/103600

Tokyo

Japon

84

8931000

1/106300

São Paulo

Brésil

77

10886000

1/141400

San Francisco

États-Unis

55

8371000

1/152200

Rio de Janeiro

Brésil

33

6093000

1/184600

Moscou

Russie

25

11979000

1/479200

Commentaire

Première du classement, Portland est une ville d'avant-garde, leader mondial dans les domaines du recyclage et des énergies non polluantes. Ainsi, ses habitants mettent en pratique leurs convictions écologiques en s'abstenant de viande en grand nombre.

Ce n'est pas une surprise que Manchester figure également en tête de liste. La Grande Bretagne a été une pionnière du mouvement végétarien dès le 19ème siècle. Du reste, la Vegetarian Society  - plus ancienne organisation végétarienne au monde - a été fondée en 1847 à Manchester. C'est une ville très orientée vers la culture et les médias, avec un centre universitaire important et l'on sait que le végétarisme est associé à un bon niveau culturel.

Taïpeh, capitale de Taïwan, compte un grand nombre de végétariens (14% de la population du pays). Le bouddhisme n'y a pas été persécuté comme en Chine populaire et les traditions demeurent plus respectueuses vis-à-vis du bien-être animal. En ville, on trouve des plats végétariens à tous les coins de rue et des repas végétariens sont même servis aux enfants dans les crèches.

La surprise vient de Lisbonne, où l'on trouve de nombreux restaurants végétariens, généralement sous forme de buffet. Le Portugal étant un gros consommateur de viande par habitant (92,9 kg/pers/an en 2007), c'est sans doute le signe d'une remise en question des habitudes alimentaires des portugais.

De tradition démocrate, la ville de Boston est réputée pour son esprit d'ouverture et de non-conformisme. Il est donc logique qu'elle soit leader en matière d'alimentation végétarienne dans un pays qui se nourrit si mal.

À noter le beau classement de Prague qui dispose désormais d'un large choix de restaurants végétariens. On y mange du reste très bien pour un prix modeste. Ceci est d'autant plus remarquable que l'alimentation traditionnelle tchèque n'est pas ce qu'il y a de plus diététique...

Suite à l'ouverture de nombreux restaurants végétariens dans leurs murs entre mai 2015 et avril 2016 , on note aussi une forte remontée dans le classement de plusieurs villes : Turin, Nice, Toulouse, Strasbourg, Bristol, Amsterdam, Copenhague, Berlin, Cracovie, Zurich, Athènes et Melbourne.

Paris se situe en milieu de classement et rattrape son retard.

On est déçu en revanche par San Francisco que l'on aurait pensé mieux pourvue en restaurants VG.

On notera aussi les mauvaises performances de Rome, Madrid et Bruxelles, le siège de l'Union Européenne étant en queue de classement.

Mais la grande constatation de cette analyse, c'est que les villes situées en queue de classement, où l'on porte donc peu d'intérêt à l'alimentation végétarienne, comme São Paulo, Rio de Janeiro et Moscou sont aussi les plus violentes, celles où le crime organisé règne en maître. C'est une illustration du transfert de la violence subie par l'animal sur ceux qui en mangent la chair.

« Il est temps donc de prendre conscience que la cruauté dont l'homme fait preuve envers le peuple animal est la principale cause de la décadence de nos sociétés et de la violence qui y règne. »

Olivier de Rouvroy

On pourra objecter que Los Angeles, réputée ville de gangs dans les années 1980-90, est en tête de classement. Là, la situation est différente : un grand nombre de stars d'Hollywood sont végétariennes, voire véganes. Et elles n'ont pas nécessairement l'envie, le temps, ni les compétences pour se préparer de bons petits plats végétariens. Par contre leur compte en banque est bien garni et l'on sait par ailleurs que ce sont elles qui lancent la mode. C'est pourquoi de nombreux restaurants végétariens, plutôt haut de gamme, ont ouvert leurs portes à L.A..

Récemment une jeune femme me confiait que, d'un tempérament dur et agité, elle avait trouvé beaucoup de sérénité depuis qu'elle avait adopté un régime végétalien.

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 17:09

 

Cette grande plante décorative aux inflorescences pourpres occupait une place importante dans l'alimentation et les rites religieux des civilisations précolombiennes ; elle était même vénérée par les aztèques. On peut en consommer aussi bien les feuilles savoureuses en légume que les minuscules graines mucilagineuses.

 

Photo intéressante d'Amaranthus hypochondriatus  en lien :

http://www.forum-tomates.net/viewtopic.php?t=10433


 

Une survivante

Alors que les conquistadors avaient interdit l'amaranthe au XVIème siècle, allant jusqu'à couper la main des jardiniers qui la cultivaient et la faisant pratiquement disparaître du Mexique, cette plante a fait ces dernières années une réapparition remarquée aux États-Unis.

En effet une autre amaranthe, Amaranthus palmeri  ou "herbe à cochons", s'est invitée dans les champs de soja OGM en résistant à l'herbicide Roundup, obligeant les agriculteurs à abandonner 5000 ha de culture rien que dans l'état de Géorgie. L'Arkansas est également touché et en Alabama l'amaranthe de Palmer infeste 80% des champs de coton OGM et 61% des cultures de soja OGM.

Il faut dire que, si l'amaranthe résiste bien à la sécheresse (ce qui n'est pas le cas du soja), c'est qu'elle a une puissante racine pivotante pouvant atteindre 3 m de profondeur et qu'elle est très difficile à arracher. L'extirper à la main se révèle donc très pénible et, enlevée mécaniquement, elle entraîne des surcoûts qui rendent la culture du soja OGM non rentable. Pour faire bonne mesure, l'amaranthe se ressème spontanément et ses milliers de graines, grosses comme des têtes d'épingles, conservent leur capacité germinative dans le sol durant de longues années. Autant dire que là où elle s'est installée elle est impossible à éliminer, tout comme l'ortie brûlante dans certaines cultures potagères.

En somme, elle est devenue un symbole de résistance au totalitarisme, autrefois de l'idéologie catholique, aujourd'hui à l'hégémonie des multinationales du « génie » génétique.

 

Culture

L'amaranthe est une plante très résistante à la sécheresse, aux insectes et aux maladies, mais sensible aux gelées. Cependant, elle attire les limaces, escargots et pucerons, surtout au début de sa croissance où elle nécessite quelques arrosages. Il suffira de lui réserver un sol riche et neutre, bien ensoleillé, avec une température de l'ordre de 20°c pour la levée des graines. Il est conseillé de semer en godets de tourbe et de repiquer les plants fin mai-début juin, lorsqu'ils atteignent 10 à 15 cm de hauteur. L'idéal est de planter tous les 20 cm avec un écart de 50 cm entre les rangs. L'amaranthe réussit même dans les zones arides de moyenne montagne où elle peut atteindre 2,50 m de hauteur avec très peu d'eau et quelques binages.

Autre avantage de l'amaranthe, sa graine a une durée germinative de 10 ans, ce qui est presque un record dans le monde végétal et il suffit de 500 g de graines pour en cultiver 1 ha avec un rendement moyen de 20 à 25 quintaux à l'hectare. La récolte a lieu 4 à 5 mois après plantation. On étale alors les grappes sur des toiles au soleil ou à l'abri de l'humidité et elles sont battues quelques jours plus tard pour en extraire les graines. Il faut encore vanner pour enlever les impuretés et éloigner les fourmis qui apprécient également cette graine miraculeuse.

 

Valeur alimentaire

La valeur alimentaire des feuilles d'amaranthe est comparable à celle de l'ortie par leur richesse en protéines de premier ordre, en vitamines et en minéraux, mis à part la vitamine C contenue en plus faible proportion.

Quant à la graine d'amaranthe, elle contient 14 à 16 % de protéines d'excellente qualité, car bien équilibrées en acides aminés. Elle est notamment très riche en lysine, méthionine et tryptophane dont le maïs est déficitaire, ce qui permet de l'y associer avantageusement dans les recettes. C'est aussi une excellente source de magnésium, indispensable pour résister au stress. La composition de la graine d'amaranthe est en fait très similaire à celle du quinoa, qui a été adoptée par les occidentaux depuis une douzaine d'années. Les deux plantes sont du reste de la même famille.

 

SNV80944_web.jpg

Dépourvue de gluten, donc salutaire aux intolérants, la graine d'amaranthe contient des mucilages bénéfiques au transit intestinal. Sa richessse en protéines, en vitamines du groupe B (B6, folates ou B9 et acide pantoténique ou B5) et en minéraux (calcium, magnésium, fer, phosphore, potassium, cuivre, manganèse et sélénium) la fait recommander aux enfants, personnes âgées, végétariens, convalescents et femmes enceintes ou allaitantes. Favorisant la lactation, la graine d'amaranthe est aussi très utile pour lutter contre la fatigue et l'anémie. Au Népal comme au Pérou, on l'utilise pour lutter contre les maux d'estomac. Elle est utilisée par les paysans comme un tonique pour les personnes âgées et un remède souverain contre la diarrhée et les hémorragies internes ou externes.

 

Modes d'utilisation

La feuille d'amaranthe est considérée par François Couplan comme l'un des meilleurs légumes sauvages. On la cultivait autrefois pour cet usage, autant que pour ses graines. Cueillie jeune, elle peut être mangée crue. À un stade plus avancé, on la fera cuire à la vapeur.

La graine, au goût relevé, sera cuite 20 mn à feu doux dans 2 fois son volume d'eau, après avoir été lavée soigneusement. Du fait de sa texture collante, la graine d'amaranthe est intéressante pour confectionner des galettes, en association avec d'autres céréales comme la semoule de maïs.

En Inde et au Népal, où il existe des espèces locales, on la fait griller pour en faire de délicieuses galettes sucrées au miel ; l'ancêtre des barres de céréales en quelque sorte !

On peut aussi faire germer les graines d'amaranthe. Il faudra alors les rincer soigneusement avant et après un trempage de 12 heures, pour éviter tout risque de fermentation. Suivant la température ambiante, qui doit avoisiner 25°c, la germination demande 5 à 6 jours, avec 2 rinçages par jour.

 

L'amaranthe serait-elle en fait le sénevé de la parabole ?

Dans une célèbre parabole rapportée par les évangélistes, Jésus fait une comparaison : « Le Royaume des Cieux est semblable à un grain de sénevé qu'un homme a pris et semé dans son champ. C'est bien la plus petite de toutes les graines, mais, quand il a poussé, c'est la plus grande des plantes potagères, qui devient même un arbre, au point que les oiseaux du ciel viennent s'abriter dans ses branches » (Matthieu XIII 31-32). Marc (IV 30-32) et Luc (XIII 18-19) rapportent la même parabole sans grandes différences. Le sénevé n'est autre que la moutarde noire (Sinapis nigra), aux graines plus petites que celles de la moutarde blanche, la plante pouvant atteindre 1 m à 1,50 m. Paul Fournier rapporte même qu'en Palestine, la plante peut atteindre 3 m de haut. Très irritante, la graine moulue servait jadis à faire des cataplasmes révulsifs contre les rhumatismes.

Mais la moutarde noire est loin d'avoir la plus petite graine du monde végétal. L'amaranthe en compte 1700 au gramme, contre 500 à 700 pour la moutarde noire. Un pied d'amaranthe peut donner plus de 100 000 graines et certaines espèces atteignent aussi 3 m de hauteur. On pourra objecter que le sénevé de la parabole ne peut être l'amaranthe qui est une plante originaire d'Amérique. Certes, sur près de 900 espèces connues une majorité provient d'Amérique centrale, mais il en existe d'autres spécifiques aux flores asiatique et australienne. Native d'Europe méridionale, A. lividus était même cultivée par les romains avant de devenir une « mauvaise herbe ». Il aurait donc pu y avoir confusion au moment de la rédaction des évangiles, soit plus d'un siècle après la prédication de Jésus .

 

Quoi qu'il en soit, l'amaranthe est une plante pleine de promesses. John Robinson, expert en nutrition de l'Université du Michigan qui a longuement étudié l'amaranthe au début des années 1970 en a conclu que c'était « l'une des trente espèces alimentaires offrant les plus grandes promesses pour l'amélioration de l'alimentation humaine ». Il est temps de réhabiliter l'amaranthe.


 

Nombreuses photos d'amaranthe sur Flickr (voir lien) :

 http://www.flickr.com/search/?q=amaranth+plant

 

 

PS1 : Faut-il écrire Amarante ou Amaranthe ? Nous avons suivi l'avis de François Couplan qui estime qu'il faut y mettre un H, conformément à l'écriture "botanique", qui proviendrait d'un jeu de mot de Linné.

 

PS2 : Pour les cinéphiles, Amaranthe est le prénom de la fausse ingénue jouée par Mireille Darc dans le film Les Barbouzes  de Georges Lautner (1964). Ça ressemble fichtrement à un jeu de mot de Michel Audiard !

 

 

Sources :

  • Dominique Guillet, catalogue Semences Kokopelli 2007.

  • Marie-Pierre Arvy et François Gallouin, Légumes d'hier et d'aujourd'hui, éd. Belin, 2007.

  • François Couplan, Le régal végétal, éd. Sang de la Terre, 2009.

  • François Couplan, Guide nutritionnel des plantes, Delachaux et Niestlé, 1998.

  • Belda Sisso, Les graines germées, Grancher, 2008.

  • Paul Fournier, Plantes médicinales t.III, Connaissance et Mémoire Européenne & Société Nationale d'Horticulture de France, 1999.

  • La Bible de Jérusalem, Cerf, 1974.

  • Article de Wikipedia sur l'amarante :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Amarante_%28plante%29

  • Le Figaro.fr : Les OGM ont perdu la guerre contre les mauvaises herbes 

http://www.lefigaro.fr/environnement/2012/05/25/01029-20120525ARTFIG00710-les-ogm-ont-perdu-la-guerre-contre-les-mauvaises-herbes.php

  • Agir Santé :

http://agirsante.typepad.fr/agir_sante/2011/05/mangez-de-lamarante-.html

  • Agoravox (encyclopédie en ligne québécoise) :

http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/amarante-pas-marrante-pour-55291

Amaranth, uncooked

http://nutritiondata.self.com/facts/cereal-grains-and-pasta/5676/2

Amaranth leaves, raw

http://nutritiondata.self.com/facts/vegetables-and-vegetable-products/2303/2

 


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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 14:20

 

Dans la lignée du documentaire « Meat the truth » (La vérité sur la viande), le Parti des Animaux (Pays-Bas) a publié un nouveau reportage intitulé « Sea the truth » (L'océan authentique). Il est surtout question de la disparition des poissons des océans. C'est un sujet que nous n'avons pas développé jusqu'à présent, mais qui est familier des téléspectateurs de l'émission Thalassa sur France 3, où la raréfaction générale du poisson dans les zones côtières est souvent évoquée.

Les spécialistes de la biologie marine estiment en effet que, si nous continuons à pêcher au rythme actuel, les océans seront vides dans 30 ans. Il n'y restera plus aucun poisson comestible.

« La meilleure chose à faire pour régler le problème est de cesser de manger du poisson ».

 

La surpêche

Les documents d'archive sur les morutiers de Terre-Neuve, tournés vers les années 1900, nous montrent des morues d'un mètre de long. À cette époque, les stocks de poissons paraissaient inépuisables. Sur le plateau continental, le long des côtes nord-américaines et dans le golfe de Gascogne, la densité de poissons d'alors est estimée par l'Université de Colombie Britannique à 10t/km². Un siècle plus tard, il en reste moins d'un dixième. La taille moyenne des morues avoisine désormais les 40 cm et les portugais vont bientôt devoir se passer de leur plat national : la brandade de morue. Entre temps la pêche, jadis artisanale et saisonnière, est devenue industrielle toute l'année, avec des outils technologiques comme le sonar laissant peu de chances aux poissons. Si un moratoire sur la pêche à la morue a été décrété par les autorités canadiennes à Terre-Neuve en 1992, les stocks ne sont toujours pas reconstitués. La faute non aux phoques, mais à la pêche à la crevette qui se pratique dans la même zone et détruit les jeunes morues.

D'un autre côté, les autorités européennes fixent des quotas de pêche supérieurs de 48% à ce que recommandent les scientifiques. Ceci afin de satisfaire les armateurs, qui survivent grâce aux subventions.

 

Rz_ALIM058.jpg

 

Des techniques de pêche destructrices

Il y a 50 ans, j'ai été invité à monter à bord d'un thonier dans le port de Concarneau. À l'époque, la pêche au thon se pratiquait encore à l'ancienne, au moyen de 2 grandes cannes déployées de part et d'autre de petits bateaux. Sur chaque canne était fixées des lignes en acier munies d'un double hameçon recouvert de poils aux couleurs vives. Le nombre des prises était alors limité et la population de thons pouvait se renouveler. Aujourd'hui, la pêche à la palangre consiste à lâcher en mer des lignes de plus de 100 km de long munies de milliers d'hameçons qui attrapent tout sur leur passage : tortues, requins, dauphins, oiseaux marins. Après une mort lente, ces prises indésirables sont rejetées à la mer, soit 40% du total en moyenne. Pour la crevette, c'est même 90% des prises qui sont rejetées !

Il existe cependant de rares lieux préservés comme Bonaire, dans les Antilles Néerlandaises, où une zone protégée permet à la faune sous-marine de survivre sur les côtes bordées de palétuviers. C'est même le paradis des plongeurs.

 

Quant au chalutage, il racle les fonds sous-marins où vivent les jeunes poissons, créant des déserts marins. Ainsi, le fond de la Mer du Nord est devenu stérile à force de chalutages répétitifs. On y ramassera bientôt plus d'os de mammouths que de poissons plats !

 

Rz_peche_2.jpg

 

La pollution

Connue pour ses dépôts d'ambre, la Mer Baltique est particulièrement polluée, du fait de sa situation fermée et de sa faible profondeur. Ainsi, du saumon suédois pêché dans la Baltique et contaminé à la dioxine s'est retrouvé illégalement sur les étals français durant 2 ans, distribué aux rayons poissonnerie des enseignes Carrefour et Intermarché. Or, ce poisson est dangereux, particulièrement pour les enfants et les femmes enceintes qui ne devraient pas en consommer.

Parmi les polluants les plus communs dans le poisson, on trouve : la dioxine, le PCB, le mercure, ainsi que les matières plastiques et radioactives. Les espèces les plus contaminées étant les grands prédateurs vivant près des côtes : anguilles, moules, et surtout thon et espadon . Les analyses montrent que ce dernier dépasse largement la dose de mercure autorisée dans l'Union Européenne. Il devrait être interdit à la vente.

Les polluants se concentrant chez les poissons prédateurs au fil de la chaîne alimentaire, la concentration en substances toxiques dans la chair des carnassiers peut atteindre 10 millions de fois celle de leur eau d'origine.

Ainsi, l'homme étant le plus grand prédateur, il absorbe inconsciemment toutes les saletés qu'il a déversées dans la mer considérée par lui comme une poubelle.

 

La cruauté

Il est commode pour l'amateur de poisson de considérer ce dernier comme un être primitif et insensible. Cela lui permet de traiter le peuple des mers à sa guise. Pourtant, les biologistes spécialistes de la faune marine démontrent le contraire.

Ainsi, le Pr Gert Flik, directeur du département de biologie animale à l'université de Nijmegen (Pays-Bas), qui fait des recherches sur la douleur et le stress chez les poissons depuis plus de 30 ans. Il a découvert que « les poissons éprouvent non seulement la douleur et le stress, ils sont aussi capables de faire preuve de mémoire à long terme » (3 mois).

 

Le gaspillage

Si cela n'est pas toujours clairement mentionné sur l'étiquette du poissonnier, la grande majorité du poisson proposé à la vente provient d'élevages et non plus de prises sauvages. Or, ce poisson est nourri avec des farines de poisson, tout comme les porcs et les poulets. Actuellement, c'est 100 millions de tonnes par an, soit 1/3 des prises mondiales, qui sont moulues pour faire de la farine de poisson et approvisionner les élevages. Pour produire 1 kg de saumon, il faut ainsi 3 kg d'anchois.

 

En outre, le réchauffement climatique s'ajoute à la pollution pour provoquer la destruction des récifs coralliens qui hébergent une multitude d'animaux marins.

 

L'homme détruit les forêts et les océans qui produisent la totalité de l'oxygène que nous respirons. Croyons-nous que nous pourrons perpétuer notre mode de vie sans graves conséquences ? Il est urgent d'adopter un mode d'alimentation non-violent et respectueux de la nature.

Songeons aux jeunes générations !


 

Rz_51.jpgPhotos Libres

 

 

Sea The Truth – durée 1 h00 v.o. sous-titrée français

Excellent documentaire sur l'état des océans assorti de magnifiques images sous-marines.


 

 

Pour approfondir le sujet de la surpêche, nous vous recommandons l'article suivant publié le 17 juin 2013 dans www.bastamag.com

 

 

 

 


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