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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 20:14

Mis à jour le 17/2/2015

  

Depuis les années 1990, on note un changement dans le comportement des animaux sauvages et domestiques vis-à-vis de l'homme, avec plus d'agressivité de leur part et l'apparition de nouvelles espèces invasives. Il semble que les animaux ne supportent plus la cruauté humaine à leur égard et se rebellent contre l'homme.

 

 

Un territoire réduit

 

L'Inde du Nord et le Bangladesh sont les régions les plus concernées par les attaques de tigres  et de léopards, faisant respectivement une centaine et une quinzaine de morts par an. Les victimes sont généralement des paysans pauvres partis chercher du bois (femmes et enfants surtout), ainsi que des pêcheurs pour le tigre du Bengale dans les Sunderbands. Dans ce cas, les attaques sont clairement dues à la réduction du territoire de chasse des fauves entraînant une raréfaction de leurs proies. L’empiétement de l'homme sur le territoire du tigre ou du léopard déclenche l'attaque, puis vient la récidive, le fauve ayant pris goût à la chair humaine plus salée que celle des cervidés. En Inde, les léopards n'hésitent pas à pénétrer à l'occasion dans les immeubles d'habitation !

Il existe un problème similaire dans les Montagnes Rocheuses avec les pumas qui s'attaquaient rarement à l'homme jusqu'à présent.

 

La forte densité de population humaine en Afrique centrale, en Papouasie et en Floride semble également à l'origine des nombreuses attaques de crocodiles, peu médiatisées car touchant généralement des villageois de régions reculées, mais causant environ 2000 morts par an à travers le monde.

 

Pour leur part, les attaques d'éléphants feraient 500 morts par an. Là aussi, le développement des populations qui empiètent sur les zones de nourrissage des pachydermes et barrent leurs voies de passage est en cause. À cela s'ajoute le braconnage massif pour l'ivoire qui alimente les filières mafieuses vers la Chine. Qu'on ne s'étonne pas alors si les éléphants se mettent en colère, saccageant villages et cultures. Le meurtre d'éléphants adultes pour leurs défenses aggrave le problème, faisant des jeunes éléphants des voyous acculturés, car ne bénéficiant plus de la sagesse des matriarches.


 

Délinquance en bandes organisées

 

Les meutes de chiens errants sont devenues un réel problème dans certains pays comme les États-Unis, l'Australie, l'Inde, la Turquie ou la Roumanie, s'attaquant aux troupeaux et aux humains. À Moscou, ils seraient 26000 en liberté, provoquant 13000 morsures par an et le problème divise la population.

En Amérique du Nord les coyotes, autrefois craintifs et cantonnés à la campagne, ne craignent plus l'homme et investissent les villes comme la banlieue de Chicago. La chanteuse folk canadienne Taylor Mitchell a même été sauvagement tuée par des coyotes lors d'une ballade en forêt en Nouvelle Écosse en octobre 2009.

 

À Delhi et dans certaines villes du Rajastan, ce sont les macaques rhésus qui attaquent la population, pillent les étals des marchands de fruits et légumes, dévastent les maisons. (Voir à ce sujet notre article La révolte du peuple singe).Ils seraient près de 20000 dans la capitale, causant 2000 attaques par an et provoquant même la mort du maire-adjoint de Delhi en 2007.


 

Nouvelles espèces invasives

 

Au départ relâché par l'homme dans la nature, le python birman s'est développé à grande échelle en Floride, détruisant la faune locale et s'attaquant même à la population. Si le python n'est pas l'espèce de serpent la plus dangereuse, les cobras, crotales, vipères etc occasionnent tout de même 50000 morts par an à travers le monde, ce qui est considérable.

 

Les méduses qui prolifèrent dans les océans semblent plus inoffensives que les requins qui inspirent la terreur. Pourtant, elles occasionnent six fois plus de morts. Leur prolifération semble directement liée à la surpêche qui détruit leurs prédateurs naturels comme les thons rouges et la tortue luth pris dans les filets dérivants.

 

En Europe, le frelon asiatique étend progressivement sa zone de prédation en détruisant les ruches, tandis que le moustique tigre porteur du chikungunya se développe dans le Sud de la France. Petit, mais pas inoffensif, le moustique est l'animal le plus dangereux pour l'homme avec environ 1 million de morts par an, principalement dus au paludisme.


 

Il est temps que l'homme trouve rapidement le moyen de vivre en harmonie avec les bêtes sauvages sans quoi il risque d'être tourmenté par « les sauterelles de l'Apocalypse ». La révolte des animaux contre les hommes ne serait-elle pas la juste rétribution des souffrances insupportables que nous leur infligeons ? Réapprenons à vivre en paix entre nous et à respecter les animaux et ceux-ci cesseront de nous agresser.


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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 10:35

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Dans son dernier livre "Plaidoyer pour les animaux" paru en octobre 2014, Matthieu Ricard lance un vibrant appel à la bienveillance à l'égard du monde animal. Il nous invite à réviser nos mentalités et nos comportements à l'égard des animaux. Ce brillant essai constitue un livre de référence sur le sujet et nous allons tâcher d'en dégager les points forts.

 

Tout d'abord, on est étonné qu'un moine tibétain qui vit une partie de l'année en ermite dans l'Himalaya soit aussi au courant de l'actualité économique et sociale française. Nul doute qu'en végétarien militant, il ait constitué des dossiers de longue date et s'appuie sur des contacts intégrés à notre société pour alimenter sa base de données.

 

Comme le rappelle Matthieu Ricard, la théologie chrétienne justifie l'exploitation des animaux en faisant référence à Saint Augustin et Saint Thomas d'Aquin, qui s'appuyaient eux-même sur la philosophie aristotélicienne. Ce point de vue anthropocentrique a justifié tous les abus et prévaut encore de nos jours.

Cependant, "le bouddhisme rejette l'idée, soutenue par les religions monothéistes, que l'homme a été conçu pour occuper le sommet de la création et les autres créatures pour satisfaire ses exigences, le nourrir et l'amuser. Il estime que tous les êtres ont le droit fondamental d'exister et de ne pas souffrir." Ainsi, le royaume du Bhoutan a transformé la morale bouddhiste en loi en interdisant la chasse et la pêche sur tout son territoire.

 

Réfutant plusieurs excuses à manger de la viande, dont celle de perpétuer une tradition ancestrale, Matthieu Ricard rétorque "que la plupart des raisons avancées pour justifier l'absence de considération que nos sociétés affichent à l'égard des animaux se résument donc à de mauvaises excuses forgées pour balayer nos scrupules et continuer à exploiter et maltraiter les animaux tout en gardant la conscience tranquille."

 

Faisant suite à Isaac Bashevis Singer, Simone de Beauvoir et Élisabeth de Fontenay, Matthieu Ricard reprend le parallèle entre la "solution finale" appliquée aux juifs par les nazis et l'extermination en masse des animaux dans le cadre de l'élevage industriel. Ce génocide animal est appelé par lui "zoocide".

Il y voit de nombreux points communs : "la dévalorisation des victimes, la désensibilisation des exécutants et la dissociation mentale qui s'opère en eux, les méthodes d'extermination, la dissimulation des faits par les auteurs et le refus de savoir de ceux qui sont en mesure de connaître les faits."

 

Outre un chapitre intéressant sur l'expérimentation animale, Matthieu Ricard aborde également le trafic de la faune sauvage responsable de l'extinction de nombreuses expèces, avec les défenses d'éléphant et les cornes de rhinocéros qui alimentent le marché chinois.

 

Dans "Les animaux comme objets de divertissement", l'auteur a particulièrement développé la tradition tauromachique, remontant aux jeux de cirque de l'époque romaine et démontant adroitement les arguments des partisans de la corrida. On apprend notamment que l'impératrice Eugénie est intervenue personnellement pour éviter des sanctions aux organisateurs de la première corrida française - illégale - à Bayonne en 1853. Et aujourd'hui encore, certaines arènes comme celle de Dax ne protègent pas le ventre des chevaux des picadors avec un carapaçon, comme cela est pourtant obligatoire depuis 1928. Apparemment, le spectacle de l'éventration des chevaux par les cornes du taureau attire certains aficionados, comme c'était le cas de Laurent Tailhade ou de Picasso.

En ce qui concerne la corrida en tant que tradition populaire, Matthieu Ricard observe pertinemment : "Un alinéa du Code pénal français autorise en effet la corrida et les combats de coqs là où peut s'invoquer une "tradition locale ininterrompue". Ils sont donc interdits sur tout le territoire français sauf là où ils ont lieu. En voilà une loi utile ! À quoi bon interdire une tradition là où elle n'existe pas ?"

Si le Code civil reconnait désormais les animaux comme des "êtres vivants doués de sensibilité", il y a encore du chemin à faire. Ainsi, les animaux sauvages "tombent sous la législation du code de l'environnement qui ne reconnait pas leur sensibilité". Et, bien que reconnus "animaux sensibles" par le Code rural, la souffrance des animaux d'élevage est considérée "comme utile car nécessaire à l'alimentation de la population".

 


 

Matthieu Ricard, Plaidoyer pour les animaux - Vers une bienveillance pour tous, Allary Éditions,  2014, 370 pages, 20,90€. ISBN : 978-2-37073-028-2

http://www.allary-editions.fr/publication/plaidoyer-pour-les-animaux/

 


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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 15:18

 

Recette facile

 

Prix de revient : 1 € par personne environ

  • temps de préparation : 5 mn
  • temps de cuisson : 12 mn

 

Ingrédients pour 4 personnes :

  • 1 à 2 pommes de terre à chair ferme
  • 1 panais
  • 1 brocoli
  • 120 ml de crème de soja
  • 1 cuillère à café d'ail des ours deshydraté (magasins bio)
  • sel
  • poivre


Ingrédients vélouté de panais-brocoli

 

Éplucher les pommes de terre, les couper en petits dés et les mettre au fond d'une casserole. Faire de même avec le panais et ajouter le brocoli coupé en morceaux, avec son pied épluché et émincé. Ajouter 1 litre d'eau et porter à ébulition. Saler et poivrer. Lorsque les pommes de terre sont cuites, éteindre le feu, puis ajouter l'ail des ours et la crème de soja. Mélanger, mixer le tout et servir.

 

Velouté de panais-brocoli


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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 14:19

D'une manière générale, la soupe permet de s'hydrater, réchauffe en hiver et constitue un plat peu calorique, idéal pour le repas du soir.

Le cresson de fontaine se consomme de préférence cru en salade. Mais on peut aussi en faire de délicieux potages. Il est particulièrement riche en vitamines, minéraux et oligo-éléments : calcium, potassium, fer, soufre, cuivre, ainsi qu'en pro-vitamine A, vit. B2, B6 et vit. PP.

Si la cuisson détruit la vitamine C et l'acide folique contenus dans le cresson, elle permet d'éliminer tout risque de douve du foie, dangereux parasite susceptible de contaminer le cresson sauvage. Pour sa part, le cresson cultivé par les cressiculteurs est sans danger car très contrôlé.

 

Recette facile

 

Prix de revient : 0,80 € par personne environ

  • temps de préparation : 10 mn
  • temps de cuisson : 12 mn

Ingrédients pour 4 personnes :

  • 2 ou 3 pommes de terre à chair ferme
  • 1 botte de cresson
  • 120 g (120 ml) de crème de soja
  • sel
  • poivre

 

Ingrédients soupe de cresson

 

 

Mettre les pommes de terre coupées en dés au fond d'une casserole. Y ajouter le cresson lavé, après avoir éliminé les tiges. Couvrir d'eau (1 litre environ), saler et poivrer à votre goût. Quand les pommes de terre sont cuites, ajouter la crème de soja et mixer le tout. Servir chaud.

 

Soupe ce cresson

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 16:53

 

CASTING FAMILLE : " On a échangé nos Mamans " NT1


Pour une nouvelle émission TV sur NT1 , je recherche des MAMANS d'univers différents !

- Vous revendiquez une alimentation saine: végétarienne; frugivore etc.

- Vous êtes fière de votre mode d'éducation et souhaitez le faire partager à une autre famille,

- Vous souhaitez partager une expérience unique en famille,

N'hésitez pas à me contacter au 07 81 49 32 09 ou sur castingenfamille@jimprod.tv pour plus d'informations, une discussion n'engage à rien !

Julie
Jim Productions

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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 23:30
Vous voulez en savoir plus sur la scorsonère, le pourpier, le cerfeuil tubéreux, le chou kale (crambe) ou les nombreuses variétés de courges, rendez-vous dimanche 5 octobre en Normandie à La Haye-de-Routot.

AFFICHE prog.mail

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 22:09

Mardi 9 septembre à 20h40, France 5 vient de nous gratifier d'un excellent documentaire intitulé : "Élevage intensif, attention danger". Le film aborde la construction de la ferme de 1000 vaches près d'Abbeville, dans la Somme, qui suscite de fortes résistances, tant des riverains que de la Confédération Paysanne. La qualité nutritionnelle du lait produit dans ces fermes usines est clairement remise en question, de même que l'impact désastreux de tels élevages sur l'environnement. Avec des bêtes qui mangent de l'ensilage de maïs, additionné de sel, de vitamines et de tourteau de soja OGM, on est loin des vaches nourries à l'herbe, au lait riche en oméga 3.

Ici, la France est véritablement à la croisée des chemins, dépassée par les méga-élevages allemands ou hollandais plus compétitifs, mais avec un nombre croissant de consommateurs qui recherchent le goût et la qualité des produits (carnés et lactés), le bien-être animal et la préservation des générations futures.

Comme le montre le reportage, l'exemple des États-Unis illlustre les limites du gigantisme en matière d'élevage, confronté aux attentes des consommateurs et citoyens.

 

IMG 2197 webUne race à viande issue du génie génétique

et décriée par Périco Légasse dans le reportage.

C'est clairement un monstre sur pattes !


 

Animé par Marina Carrère d'Encausse, un débat vigoureux faisait suite au documentaire, opposant deux médecins nutritionnistes : d'une part "l'avocat du diable" en la personne de Jean-Michel Cohen, ardent défenseur de l'industrie agro-alimentaire, et d'autre part, Jérôme Bernard-Pellet, végétalien et membre du conseil d'administration de l'Association Végétarienne de France.

 

à revoir jusqu'au 16 septembre sur Pluzz.fr (53mn). 

http://pluzz.francetv.fr/videos/elevage_intensif_attention_danger.html


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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 12:24

 

Un pur régal ! En outre, ce plat est bourré de vitamines et d'anti-oxydants.


Recette facile

 

Prix de revient : 2,50 € par personne environ

  • temps de préparation : 10 mn
  • temps de cuisson : 20 mn

 

Ingrédients pour 2 personnes :

  • 1 belle aubergine
  • 1 poivron
  • 2 tomates
  • 5 oignons blancs
  • 1 gousse d'ail (facultatif)
  • 1 tranche de pain de campagne (facultatif)
  • 1 dé de gingembre
  • 1 doigt de curcuma frais
  • coriandre frais
  • 4 cuillères à soupe d'huile d'olive
  • sel et poivre


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Éplucher l'aubergine et la couper en rondelles d'à peine un centimètre d'épaisseur. La faire cuire à la vapeur durant 7 à 8 mn.

 

Coulis :

Éplucher les tomates, les oignons blancs, le poivron, le gingembre et le curcuma. Les couper en morceaux et ajouter l'huile d'olive. Saler et poivrer. Faire revenir le tout à la poêle à feu moyen durant 10 mn. Puis mixer longuement et réserver.

 

Faire revenir délicatement les rondelles d'aubergine 2 mn à la poêle. Les mettre dans un plat creux. Recouvrir avec le coulis et saupoudrer de coriandre fraîche ciselée. Servir avec des croûtons frottés à l'ail en accompagnement avec du riz, de la polenta ou du quinoa.

 

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 09:52

Délicieuse salade de printemps. Avec un bon morceau de pain, elle constitue un repas complet.

 

Recette facile

 

Prix de revient : environ 1,50 € par personne

  • Temps de préparation : 10 mn

 

Ingrédients pour 3 à 4 personnes :

  • 1/2 chou de printemps (cœur de bœuf)

  • 1 avocat

  • 120 g de tofu fumé

  • champignons (rosés des prés)

  • olives noires (kalamata sauvages)

  • ciboulette

  • 1 cuillère à soupe de gomasio

  • 2 cuillères à soupe d'huile d'olive

  • 1 cuillère à soupe d'huile de chanvre

  • le jus d'un demi citron

  • 1 cuillère à café de moutarde

  • sel, poivre


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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 13:10

 

La conférence-débat du mardi 20 mai 2014 à l'école PPA de Paris a été l'occasion d'un échange parfois musclé, mais fructueux, entre René Laporte, représentant de la filière viande, et Élodie Vieille Blanchard, présidente de l'Association Végétarienne de France.

Nous souhaitons revenir ici sur les arguments de Mr Laporte développés par lui lors de la conférence et dans le livre Faut-il arrêter de manger de la viande  récemment  paru aux éditions Le Muscadier.


 

Il ne fait aucun doute que l'industrie de la viande voit d'un œil inquiet l'émergence d'un front anti-viande en France. Celui-ci s'est renforcé ces dernières années, les militants donnant de plus en plus de voix, avec parfois quelques débordements. Comme cet activiste traitant un boucher parisien d'assassin lors de la Veggie Pride 2014 (d'après France Info). C'est le type même de comportement intolérant à éviter, car, même s'il ne représente qu'une minorité, il fait un tort considérable à la cause. En ce sens, Mr Laporte a raison de souligner : ... « s'ils suivent les enseignements de Pythagore, ils doivent être tolérants et respectueux de la liberté de chacun dans le choix de manger ou non de la viande ». Certes, je conçois qu'une réaction de jugement soit tentante pour un végane militant de la cause animale, mais chacun évolue à son rythme et ce ne sont pas des insultes qui vont convertir qui que ce soit. Au contraire, cela envenime le débat en augmentant le ressentiment des amateurs de viande envers les végétaliens déjà très critiqués dans les médias conservateurs et le milieu médical français.

 

Dans la même veine, Mr Laporte s'insurge contre ces véganes qui veulent abolir la viande et fermer les abattoirs. Là encore, je ne lui donne pas tort, car il n'est pas question de contraindre ; nous sommes déjà accablés de règlements et d'interdits. De mon point de vue, tout doit venir d'une prise de conscience de la sensibilité animale associée à une répulsion naturelle vis à vis de la viande considérée comme ce qu'elle est : du cadavre d'animal. La consommation de viande deviendra odieuse à un nombre croissant de personnes et les abattoirs finiront par disparaître. Il y a déjà beaucoup de violence sociale ; pourquoi en rajouter en renvoyant aux carnivores leur image hideuse au visage ? 

 

Spécialiste de l'industrie de la viande, René Laporte utilise volontiers le postulat : « Il n'y a pas de loi universelle qui interdit de manger les animaux », ou encore « La viande n'est pas un produit qui entraîne des maladies ».

La première affirmation est contredite par les bouddhistes, hindous et jaïns pour lesquels le dharma (ou loi divine, ordre universel) prescrit justement de ne pas manger de viande, aliment considéré comme impur. Par ailleurs, il y a actuellement un consensus dans le monde scientifique sur les risques d'obésité, de diabète de type II, de troubles cardio-vasculaires, ainsi que de cancers colorectal et de la prostate provoqués par une surconsommation de viande. On ne peut donc pas prétendre que la viande soit un aliment inoffensif.

 

Mr Laporte a du reste l'art de sélectionner les études qui l'arrangent, balayant celles qui sont contraires à ses arguments d'un trait de plume comme le Rapport Campbell souffrant soi-disant d'une erreur méthodologique. C'est un peu facile comme procédé.

Il s'est passé la même chose en 2012 avec l'étude du Pr Séralini sur les OGM. Heureusement, il s'est trouvé quelques dizaines de scientifiques intègres et courageux pour défendre les découvertes du Pr Séralini, d'autres ayant succombé aux puissantes pressions du lobby des biotechnologies.

Pourquoi Colin Campbell serait-il victime d'ostracisme ? Parce qu'il est végétalien, s'oppose ouvertement au lobby médical et qu'il « envisage la possibilité d'une conspiration du contrôle, du silence et de la désinformation », une faute impardonnable pour la communauté scientifique à la botte des multinationales. La situation n'est guère différente en France où une haute responsable d'agence gouvernementale m'a demandé de ne pas révéler qu'elle est végétarienne ! Entre la honte d'être végétarien et l'orgueil de l'afficher, il y a un juste milieu...

 

Mr Laporte pose également la question : « Les mangeurs de viande sont-ils violents ? ». Pour nous, la réponse ne fait aucun doute, ayant constaté que, sur 60 villes de plus de 200 000 habitants analysées à travers le monde, celles qui possèdent le moins de restaurants végétariens par habitant sont aussi les plus violentes : Marseille, Rio de Janeiro et Moscou.

http://www.vegetari1.net/article-les-villes-ou-il-fait-bon-etre-vegetarien-118783109.html

 

Monsieur Laporte ne supporte pas le parallèle fait entre le traitement des déportés par les nazis dans les camps d'extermination et le traitement infligé aux animaux victimes de la barbarie humaine dans les élevages et abattoirs industriels. Pourtant, il croît pouvoir s'appuyer sur la philosophe Élisabeth de Fontenay, qui soutient la cause végétarienne et a fait la même comparaison après avoir vu une partie de sa famille juive décimée dans les camps nazis.

En outre, Mr Laporte se réfère ouvertement à Jean-Jacques Rousseau pour étayer sa démonstration. Sans doute ignorait-il que celui-ci était végétarien ? Rousseau déclarait en effet avoir des goûts alimentaires simples et se satisfaire d'un repas frugal dont la viande ne fait pas partie. Rousseau constate que les enfants « qui mangent beaucoup de viande sont en général plus cruels et sauvages que les autres », et pour lui « le goût de la viande n'est pas naturel à l'homme ».

Au contraire, reprenant le philosophe renégat Dominique Lestel auteur du pamphlet « Apologie du carnivore », Mr Laporte écrit : « L'homme n'a pas à dénier son instinct carnivore, il doit assumer la part d'animalité qui est en lui, ce que les végétariens et les végétaliens refusent ». En somme, si on le comprend bien, les végétariens sont des carnivores qui s'ignorent. Grotesque ! Ses parents n'auraient pas dû lui donner une côtelette en guise de hochet !

 

Enfin, dire que la viande n'est pas responsable de la déforestation en Amazonie est tout bonnement faux. Le bois n'est qu'un sous-produit de la déforestation, une grande partie étant brûlé lors du défrichage. La cause principale du déboisement est l'extension des pâtures pour les zébus, suivie par le développement de la culture du soja OGM destiné à l'exportation afin de nourrir les vaches, porcs et poulets européens. L'extraction du bois arrive loin derrière.

 

Par ailleurs, si notre porte-parole de la filière viande reconnaît des améliorations dans les conditions de vie des animaux, le mérite n'en revient nullement aux éleveurs qui recherchent surtout la productivité. Le crédit en est à porter à la pression d'associations de protection animale, comme L214 que Mr Laporte fustige par ailleurs.


 

On le voit, si la filière viande, assiégée de toutes parts, fait souvent preuve de mauvaise foi, les végétariens ont encore quelques progrès à faire pour convaincre. Déjà dans les années 1930, Gandhi avait constaté le caractère sectaire de certains végétariens londoniens. Il précisait alors : « Les végétariens doivent être tolérants s'ils veulent convertir les autres au végétarisme. Adoptez une attitude humble ! ». Le conseil est toujours valable aujourd'hui. Les végétariens ont beau avoir le vent en poupe, ils n'ont pas encore fait toutes leurs preuves.

 


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