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24 août 2019 6 24 /08 /août /2019 14:11

 

Dans un rapport publié en janvier 2014, l'OMS signale que 10% de la population mondiale était atteinte du diabète en 20131, avec des pointes au Moyen Orient, ainsi qu'en Asie où 12% de la population chinoise est désormais affectée. Il s'agit donc d'un problème planétaire de malnutrition très lié à l'obésité et au manque d'exercice physique.

 

Les nombreuses études réalisées sur le sujet laissent apparaître que « les aliments d'origine végétale, complets et riches en fibres protègent contre le diabète, et que les aliments d'origine animale, à haute teneur en protéines et en gras, favorisent l'apparition du diabète » (Colin Campbell).

L'association américaine de diététique confirme que « chez les hommes, la consommation de viande est directement reliée à une augmentation de risque de diabète ».

 

Déjà, en 1928 Albert Schweitzer, atteint d'une forme sévère de diabète, avait pu réduire, puis arrêter les injections d'insuline au bout de quelques mois en suivant un régime de fruits et légumes crus recommandé par son ami le Dr Max Gerson.

 

Des résultats analogues ont été obtenus chez certains participants lors d'études menées ces dernières années aux États-Unis2. Mais tous les diabétiques ne réagissent pas de la même manière à ce régime.

 

Par ailleurs, dans une célèbre étude réalisée auprès d'Adventistes, on a observé deux fois moins de cas de diabète et d'obésité parmi ceux qui suivaient un régime végétarien que parmi les omnivores.

 

D'après Colin Campbell, on aurait récemment découvert qu'une alimentation riche en produits d'origine animale et en hydrates de carbone raffinés, et par ailleurs pauvre en fruits et légumes, n'augmente pas seulement les risques de cancer du côlon, mais est également susceptible de provoquer un syndrome de résistance à l'insuline.

 

Pour la médecine moderne, le diabète est une maladie incurable. Il nécessite un traitement médicamenteux à vie, qui creuse le gouffre de la Sécurité Sociale aussi vite qu'il remplit les poches des laboratoires pharmaceutiques et des fabricants d'appareils de dialyse.

Le diabète est aussi la porte ouverte à de graves complications cardiaques, rénales et nerveuses, ainsi qu'à des invalidités comme la cécité ou l'amputation des orteils.

 

À ce sujet, l'ethnobotaniste américain Mark Plotkin raconte une anecdote qui montre les capacités prodigieuses des chamans d'Amazonie. La grand mère de Mark Plotkin étant morte du diabète dans d'atroces souffrances, aveugle et amputée des deux pieds, il souhaitait ardemment trouver un remède à cette maladie. Dans un village du Nord-Est de l'Amazonie, il rencontra une femme d'une trentaine d'années agonisante, avec des plaies gangreneuses entre les orteils et un taux de glycémie mortel de 5 g/l ! Un chamane lui administra une décoction faite à partir de quatre plantes : l'écorce d'un grand arbre, les fibres d'un bananier rouge, les feuilles d'une plante cireuse et la sève d'une liane grise. Le lendemain matin, le taux de glycémie de la femme était redevenu normal. Au bout de trois jours de traitement à raison de quatre prises par jour, la jeune femme pouvait à nouveau travailler dans sa plantation, ce qu'elle n'avait pu faire depuis deux ans. A la fin de la semaine, les plaies gangreneuses commençaient à se cicatriser. La malade avait pu éviter l'amputation.

Repassant dans le village dix mois plus tard, notre explorateur retrouva la femme grimpant le talus boueux et glissant qui borde la rivière avec un sac de racines de 45 kg sur le dos. Ses pieds étaient guéris, elle cultivait régulièrement son jardin et ne prenait plus le remède du chaman qu'une fois par mois environ, en cas de nécessité.

 

La grande et bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a pas besoin d'aller en Amazonie, ni même de piller les connaissances des chamans pour guérir de cette maladie. Il suffit d'adopter un régime végétarien.

 

Dans le cas du diabète, il s'agirait même plutôt d'un régime végétalien, pauvre en matière grasse, riche en fibres et composé principalement d'aliments à faible index glycémique (I.G.).

 

Michel Montignac, qui avait fait de cette notion importante son cheval de bataille, en donnait la définition suivante : « L'index glycémique indique la capacité d'un glucide à élever la glycémie du sang par rapport à un standard qui est celui du glucose ». Autrement dit, un aliment à index glycémique élevé comme le sucre, le riz blanc, la purée de pommes de terre ou les frites fera monter le taux de glycémie rapidement, tandis qu'un aliment à faible I.G., comme l'avocat, les noix, les olives ou les lentilles maintiendra la glycémie à un niveau bas.

 

Lors d'une étude réalisée sur des diabétiques, Neal Barnard1 a obtenu de meilleurs résultats avec un régime végétalien, qu'avec celui préconisé par l'Association américaine du diabète (ADA). Contrairement à l'idée reçue, il soutient que « la plupart des gens s'adaptent facilement et ne souhaitent pas revenir à leurs habitudes précédentes ». Il faut dire qu'entre les graves troubles de santé engendrés par le diabète et le changement de ses habitudes alimentaires, le choix est vite fait.

 

Le docteur Hans Diehl, autre spécialiste de la nutrition, déclarait dans un congrès :  « Le diabète est considéré comme une maladie difficile à traiter, alors que les réponses qu'on peut lui donner sont souvent simples ; la difficulté, c'est de motiver ceux qui prescrivent le régime et ceux à qui il est prescrit ».

 

En fait, tout est une question d'information et de détermination. Le problème, c'est que, aux États-Unis comme en France, les médecins sont à peu près incompétents en matière de nutrition, tout simplement parce qu'ils n'ont pas reçu de formation en la matière2. Et le peu qu'ils savent est faussé par les intérêts des industries pharmaceutique et agroalimentaire. Colin Campbell va même plus loin quand il écrit : « Les dommages qui peuvent être causés par l'ignorance des médecins au sujet de l'alimentation sont stupéfiants ». Quant au médecin californien John Mc Dougall, grand spécialiste de la nutrition et partisan de longue date d'une alimentation végétarienne, il est encore plus catégorique : « L'industrie pharmaceutique a acheté les cerveaux de la profession médicale »3. Alors, la situation est bloquée ? Il n'y a donc pas de solution ?

 

Les médecins ont souvent de réelles compétences en matière de diagnostic, surtout lorsqu'ils bénéficient d'une longue expérience. S'ils acceptaient de rabattre un peu leur ego et de collaborer avec des naturopathes ou des diététiciens sérieux (certains le font déjà), on pourrait arriver à une médecine de qualité. Les médecins ne doivent pas percevoir les médecines douces comme une concurrence déloyale, mais comme une solution là où leur méthode atteint ses limites. Le plus important n'est-il pas l'intérêt du malade ?

 

Mais vous croyez sans doute qu'il est impossible pour un diabétique insulinodépendant de se libérer de ses trois injections quotidiennes. Erreur !

 

À l'heure où je terminai la rédaction de ce livre, une amie de passage m'a présenté un DVD tourné aux États-Unis montrant une cure de « désintoxication » de diabétiques graves - tous insulinodépendants - par un régime alimentaire crudivore, sous contrôle médical rapproché. La scène se passe en Arizona, dans un centre qui porte le joli nom de L'Arbre de Vie. Les curistes sont 6 hommes et femmes de 25 à 68 ans, blancs et noirs, provenant de l'Est et de l'Ouest des États-Unis. Il y a parmi eux des diabétiques de type I et II, et tous sont obèses ou en surcharge pondérale. Ils sont venus se livrer à une expérience de 30 jours, celle de la dernière chance. Les premiers jours sont particulièrement pénibles, leur corps réclamant les aliments nocifs qu'ils avaient l'habitude de manger. Un seul, le plus âgé, n'aura pas la force d'aller jusqu'au bout de l'expérience, malgré les encouragements de ses compagnons et de sa femme au téléphone. Au bout d'une semaine, 5 sur 6 avaient réussi à se libérer de l'insuline. Au terme de l'expérience, les 5 qui restaient avaient perdu entre 10 et 15 kg, 4 avaient complètement arrêté l'insuline, le cinquième avait fortement réduit ses injections. Deux mois après l'expérience, ils tenaient bon malgré les tentations et faisaient des émules dans leur quartier. Au départ, ils avaient une espérance de vie de quelques années. Après, ils étaient plus souples de corps et d'esprit, et voyaient à nouveau la vie en rose. Une nouvelle existence débutait pour eux 4.

 

Le diabète est l'une des maladies qui rapporte le plus aux laboratoires. C'est même une rente pour eux ; et la France dispose de la première industrie pharmaceutique en Europe. La dépendance aux médicaments fait les choux gras de certains, mais certainement pas le bonheur de l'homme.

 

On pourra penser, à juste titre, que cette expérience menée aux États-Unis a été conduite sur un échantillon trop limité pour être significatif. Mais d'autres études ont été réalisées ces dernières années sur de vastes panels. Fanny Montignot, qui a soutenu en 2014 une thèse devant la faculté de médecine de Lyon-Est sur « L'impact du régime végétarien sur le patient diabétique de type 2 » en témoigne :

« Quatre études de cohortes, dont deux sur 21 ans, montrent un risque relatif moindre de développer un diabète de type 2 lors d'un régime alimentaire végétarien. Une étude transversale5 montre une prévalence significativement inférieure du diabète de type 2 chez les végétariens. Dans cinq études d'intervention, la sensibilité à l'insuline est supérieure dans le groupe suivant un régime végétarien. » Elle en conclut « qu'une alimentation végétarienne équilibrée et diversifiée permet un impact positif sur le diabète de type 2 en prévention primaire et secondaire. »

Les affirmations et expériences précédemment citées sont donc tout à fait confirmées.

 

 

1 Neal Barnard est Professeur de Médecine associé auprès de la George Washington University School of Medecine, Washington DC, États-Unis. Il est président du Physicians Commmittee for Responsible Medicine. Voir Diabetes Voice, juin 2007, vol. 52, n°2.

2 En France, en médecine libérale, seuls 150 praticiens sont reconnus compétents en nutrition par le Conseil National de l'Ordre des Médecins, sur 212 000 médecins en activité en 2007, soit moins d'un pour mille.

3 Cité par Colin Campbell.

4 Ce DVD est visible en anglais sur youtube : Raw For 30 Days (durée 1h30).

5 Menée en 2009 sur 60903 personnes dans le Nord des États-Unis.

 

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